mercredi 18 janvier 2017

Il y a là-bas

Tableau de Carl White

Il y a, là-bas, une place
Où le mot vrai pousse,
Comme un oiseau fruit,
Depuis des siècles dans ton regard.
Il y a, là-bas, l’ange de ton sein,
La rivière de ta hanche
Qui coule de tant de souvenirs
Et une fleur
Brûlant à l’aube d’une question nue.
Il y a, là-bas, un chemin de pluie
Et une déroute
Qui pleure l’enfant d’amour
Broyé
Sous les ailes
D’une lune assoiffée !

Il y a, là-bas, une place

© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

lundi 19 décembre 2016

LES AILES D'ASLI



pour ne pas l'oublier!
pour la libération immédiate de la romancière Aslı Erdoğan!


Les mains des hautes lumières
T’ont déjà sculpté un nid
Pour tes justes envols !
Aux syllabes chantant
Les chauds rivages
Des résistants soleils
Tes pas crient l’envergure des vrais
Qui refusent les linceuls
Des basses traîtresses allégeances !
Tu sauras toujours pulvériser
Les barreaux des faux
Pour soulever à jamais
Des creux des détresses
Les tempêtes de fleurs
Dont le feu refuse toute laisse !

© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

mercredi 16 novembre 2016

COURBES DE LUMIERE

Adam Martinakis



Advenir à cette lumière
Qui te dit en courbes,
A ce silence qui te sculpte de ses ailes
Et réveille pour ton regard
Tant d’ouragans de sèves !

Advenir à cette lumière
Le fruit qui t’appelle
T’a reconnue !
Il t’offre la mémoire ivre
De ses germinations
Et les caresses du vent,
Du soleil et de son lait,
De la lune et de son sang !
Ecoute son rêve qui te réveille.
Est-ce pour lui
Que tu te fais,
Dans ta fièvre, rose ?


© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"


samedi 12 novembre 2016

LES AILES D'ASLI

Aslı Erdoğan

 pour la libération immédiate de la romancière Aslı Erdoğan

Les mains des hautes lumières
T’ont déjà sculpté un nid
Pour tes justes envols !

Aux syllabes chantant
Les chauds rivages
Des résistants soleils
Tes pas crient l’envergure des vrais
Qui refusent les linceuls
Des basses traîtresses allégeances !
Tu sauras toujours pulvériser
Les barreaux des faux
Pour soulever à jamais
Des creux des détresses
Les tempêtes de fleurs
Dont le feu refuse toute laisse !

© Mokhtar El Amraoui
Le 12/11/2016

jeudi 3 novembre 2016

Au revoir, l'Artiste!

Oleg Popov, Doyen des Clowns, parti aujourd'hui, le3/11/2016, à 86 ans.


Dis, Popov, c’est juste pour rire,
N’est-ce pas,
Que tu as décidé de partir ?
Je vois que tu as ajouté des ailes
A ton beau costume de rigolo!
Tu as juste un spectacle là-haut,
N’est-ce pas ? C’est ça ?
Alors, au revoir, à ce soir !
C’est parce que les enfants
Que tu as su faire de nous,
Font la moue, mon grand,
Ils refusent de te voir mourir !
En nos cœurs, tu ne cesseras jamais de vivre
Et pour toujours, sublime clown, tu continueras
A nous faire mourir de rire !



© Mokhtar El Amraoui
Le 3/11/2016

mardi 1 novembre 2016

Co-errance

Photographie tirée du Net


Co-errance vers nulle part,
Loin des extases ensevelies.
Avec pour théorie
Cette mèche de barde épileptique
Qui se mure,
Dans les miroirs gris de l’absence.
Ma théorie
C’est tes seins, aquagenèse du râle debout.
Ma théorie
La rencontre de nos absences,
Dans les cerceaux enflammés
De nos rites de mésanges.
Ma théorie
C’est ta pratique
Dans tes printemps de coquelicot.
Je bouge mes glacis, mes ténèbres
Et tue mes ombres pendues
Dans les caveaux de leurs pendules imbéciles !
Ma théorie
C’est ta pratique,
Quand tu recouvres tes aspérités
De rose et d’ouragan,
C’est tes cheveux bourrés d’astres
Jusqu’à l’étouffement,
Jusqu’à l’accouchement.
C’est tes prairies galopantes,
C’est ta soif qui s’allume,
Réverbères ivres
Dans les rues de ma perte,
Dispersions,
Hémorragies
Dans l’extériorité de tes aspérités oméga,
Enfants redessinant les tapis de leurs vengeances,
Symphonie du délire montant,
Syllabes de comètes échevelées,
Errance de bardes,
Co-errance d’Achiqs* aux mèches crépusculaires.


*Amoureux, en arabe

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"



lundi 17 octobre 2016

L'oiseau crucifié


Pablo Picasso



Ils éteignirent les dernières bougies
Et écoutèrent
Se dire la lune.
Elle voulut leur apprendre
L’éclosion d’une lumière,
Le chant en retour de dunes ensanglantées
Et le cri luisant d’un oiseau crucifié,
Dans les distances des pas nocturnes
Que dévorent les jours,
En haillons de nuits.


©Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"