dimanche 17 décembre 2017

Courbes de lumière

Le tableau est de l'artiste Adam Martinakis

Advenir à cette lumière
Qui te dit en courbes,
A ce silence qui te sculpte de ses ailes
Et réveille pour ton regard
Tant d’ouragans de sèves !

Le fruit qui t’appelle
T’a reconnue !
Il t’offre la mémoire ivre
De ses germinations
Et les caresses du vent,
Du soleil et de son lait,
De la lune et de son sang !

Ecoute son rêve qui te réveille.
Est-ce pour lui
Que tu te fais,
Dans ta fièvre, rose ?

© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

mercredi 13 décembre 2017

LE CHANT DU LION


au Martyr Mohamed Ben Belgacem

Brave enfant des fiers millénaires,
Tu t’offris, bouquet de lumières,
En jets d’éclairs
Avançant sans peur
Contre les barbares et leurs horreurs,
Pour protéger de ton vaillant cœur,
Altier bouclier printanier,
Ta chère Tunisie!
Lion, sans hésitation, tu répondis
A l’appel de son lait, ton sang,
Ta terre,
Ta mère, ton père,
Tes sœurs et frères
Ta patrie
Que tu ne voulais voir meurtrie,
Que tu ne pouvais laisser en larmes, en cris !
Au creux de ton peuple, chœur reconnaissant,
Se multiplient, stellaires, tes veines à l’infini
En rugissants lions des libres horizons !
Submergeant les gouffres des hyènes
Et leur criminelle nuit,
Elles fleurissent à l’unisson
Sans peines, sans chaînes ni soumissions
En chants d’amour et sillons de vie !
© Mokhtar El Amraoui,
le 13 décembre 2017

lundi 11 décembre 2017

ENFANTS DE GAZA


Leurs rêves explosés
Cherchaient juste le chant chaud
D'un lait de jasmin
Parfumé par l'éternité
D’un sourire berceur de mère
Eclairée de mille contes
Et caresses allumés!
On n’entend plus
Que l'écho éteint, amer,
De leur sang désarmé
Qui crie dans les matins noirs
De leurs envols assassinés!
© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

jeudi 7 décembre 2017

EL QODS CAPITALE DE LA PALESTINE !


Complicité !


Palestine oubliée !
Palestine meurtrie !
Palestine trahie !
Les balourds sourds à tes cris
T’ont, vils, volé tes rêves,
Les veines des sillons
De tes jours et tes nuits !
Ils t’ont vendue
Aux chaînes de Sion,
Au plus bas prix !
Ils prétendent te protéger,
Morte, figée,
Dans les linceuls de leurs paradis mensongers
D’affreux bègues bigots meurtriers !
Ils disent qu’ils n’ont pas le temps
De venir à ton secours,
Et prétendent transmettre,
En chiens qui s’excusent, en traîtres,
A tes assassins, leurs maîtres, tes recours !
Ils écrivent que pour toi ils prient !
Alors ils crient « Plie, tais-toi et survis,
Dans ton exil, cela te suffit ! »
De ton nom sacré, Palestine,
Ils font fonds de commerce !
Dans les nuits de leurs bals cannibales,
C’est tes Bouraqs étoilés d’amour, de paix
Et leurs élans affamés,
Assoiffés, désarmés
Qu’ils transpercent de balles
Et dards complices des sionistes surarmés !
Ils leur montrent, la nuit, en prostitués,
La chair nue de tes oliviers
Qu’ils leur recommandent de tuer !
Ils leur indiquent les cartes des étincelles
Du retour de tes orangers incendiés sans ailes !
Ils leur vendent tes enfants bannis,
Tes rêves et épopées traqués parqués,
Dans les nuits ensanglantées des taudis
Emprisonnés sous les murs qu'ils ont bénis!
Qu’ils soient à jamais maudits !
Palestine oubliée !
Palestine meurtrie !
Palestine trahie !

© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

lundi 4 décembre 2017

LES CRIS DE LA TERRE

Illustration trouvée sur le Net




Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Emprisonnée, calcinée, meurtrie,
Tu implores, Terre, en criant
De toutes tes racines- veines,
De tous tes fleuves et rivières,
L’Homme-l’ingrat,
D’arrêter tous ses crimes,
De te laisser continuer
Les chants de tes épopées
Portés par tes échos,
Entre monts et vallées,
Entre labours et cimes,
Entre grottes et forêts !
Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Pourtant, tu lui offres encore
Ton eau qu’il assassine,
Tes arbres qu’il élimine !
Pourtant, tu coules encore
Roucoules, ton corps asphyxié,
En tes chemins de fleurs,
En tes rires de mer, en tes aires,
En tes champs, en tes déserts, rêveuses dunes !
Pourtant, ses impitoyables gaz brûlent encore tes pleurs !
L’ingrat rend de ses dards d’acier et de haine
Ton voyage d’amour impossible !
Terre ravagée, tu es son lâche trophée, sa cible !
Il ne sait que te violer, t’estropier, te polluer,
Bourreau aux bras pestilentiels,
Aux flammes de fiel !
Pourtant, tu lui offres encore
Ton sang, tes fruits, ton miel,
Tout l’argent, tout l’or de ton généreux ciel !
© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

dimanche 3 décembre 2017

AHMED FOUED NAGM 22 mai 1929 -3 décembre 2013

LE POETE AHMED FOUED NAGM



Tes mots Nil ont percé 
Les murailles du geôlier, 
Pour éclore en sentences de lumière,
Pour qu’en luttes s’accordent, ailées,
Les veines des pas et des poings déliés !
Eclairs de luth que tes poèmes !
Diadèmes d’étoiles,
Sur les palmes échevelées de tes cris !
Tu fis, du sang des martyrs, une aube d’éveil
Et des peines des haillons, de radieux élans !
Ton verbe en chant allumé
Restera toujours debout,
Pour éclairer la marche oubliée
Des enfants d’ombre et de boue !
Il grondera d’amour
Pour les prochains millénaires
Où tant de gerbes ensanglantées, en ta voix,
Sauront, fières, panser leurs blessures
Et dans nos cœurs, à jamais,
Brilleront, de mille chemins,
Les yeux de tes mots,
Les mots de nos lendemains !

©Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs»

mercredi 29 novembre 2017

Couleurs

Illustration du Net
Un jour,
Un papillon s’est pris les ailes
Entre mes deux hémisphères.
Alors, chaque nuit,
Je rêve en couleurs,
Volant de fleur en fleur,
Te cherchant, plein d’impatience, mon coeur.
Puis je t’ai vue,
Seule, près du rocher bleu,
M’ouvrant tes pétales, riant de rosée,
M’invitant à m’y reposer.
Mais le matin,
A mon réveil,
Les ailes avaient déjà séché.





© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"