mercredi 12 avril 2017

SENTEUR DE COURBE


Giuseppe Arcimboldo


Juste un doigt sur la buée
Pour faire courir un arbre.
Une courbe est toujours
Une senteur à venir
Un saut élastique d’azur
Dépliant son accordéon de fleurs
Et le frémissement d’un appel
Qui te prend dans son sein mielleux !

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs »

jeudi 6 avril 2017

PALESTINIENNE!

 
Je suis Palestinienne !
Bergère des foudres !
Chaque seconde, j’enfante 
Tous les millénaires de ma terre
Que je reprendrai,
Dans l’insaisissable lumière 
De mon ventre céleste,
Intarissable source des poings
Qui broieront les ténèbres 
De vos lâches feux d’assassins !
 
© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

mercredi 22 mars 2017

Drossé

 
Le monde Max Ernst
 
 
Se jeter drossé
A nervures pieuvres.
Le récitant à la gnole étincelle.
Nuages en azur,
Dauphins des nuées.
Certains cils restent toujours gondoles.
Seulement,
Des jours,
Avoir besoin de corrections d’hirondelles.
La bouche restera toujours la blessure du nouveau-né,
Le mot, même doux, n’est que cerf-volant
Que l’on voit au fil d’un miroir,
Invitant eau et ciel à tournoyer.
Au glaneur d’étoiles,
Les océans sont étroits !
 
© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"
 

vendredi 17 mars 2017

Mon coeur-fanal

Tableau de Waddah Al Sayed

Si tu tiens une luciole
Dans le creux de la paume,
Ne te moque pas des yeux éteints
Qui se lovent dans le souffle de la nuit.

La rose que je devine
Dans les pétales de tes ongles
A encore son essence
Apogée parfumé d’un pleur à deux.
Les ruelles rusent
Et étourdissent l’oeil du rêveur aux aguets.
Tout se tait, à l’arrivée de la première étoile
Sur les rides de l’eau.
Les barques, à leurs vertèbres,
Suspendent, bien haut,
Des bouquets de frêle lumière
Qui encensent la léthargie des voiles.
Mon coeur-fanal rame,
Vers des isthmes inconnus
Que des pêcheurs édentés,
La mort dans l’âme, à peine revenus,
Encore tout remués, ne cessent de raconter.


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

dimanche 12 mars 2017

Pétale de silence

Kandinsky

Habité de souvenirs,
Notre soleil s’effrite en mots.
Le pétale offert au silence
Dormira encore entre nos lettres !
En ce point d’apparition,
L’azur épelé par les migrants
Renaît des chants fatals.
Une voie s’ouvre alors aux questions !
Les buissons de nos mots perdus
Brûlent d’ascensions nos chairs.
Nous avons toujours deviné
Ce désert qui nous enflamme
Par les lèvres de nos absences.


© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

mardi 7 mars 2017

LES CRIS D'UNE REBELLE

Il est écrit "Droits de la femme" sur la banderole"

Bonne fête à toutes les femmes qui refusent l'esclavage!

Hé toi, infâme, qui te crois roi de la femme, ta proie !
Je te dis qu’aujourd’hui je me libère de ta terreur !
Je sors de ta geôle d’horreurs,
Pour revendiquer mes droits !
Je n’ai plus peur de tes horreurs d’empoisonneur
Ni de tes diktats d’emprisonneur !

Je sors arracher ma part légitime de bonheur !
J’ai décidé de mettre fin à tous mes malheurs !
A partir d’aujourd’hui, je ne veux plus ressentir de frayeur !
J’accoucherai, libre, de toutes mes futures heures
Tout en splendeurs, malgré toi, tyrannique protecteur,
Bien loin de la lourdeur de mes silences en pleurs,
De mes souffrances et interminables douleurs !
Aujourd’hui, c’est la grande heure !
J’ai rendez-vous avec mes ailes !
J’ai décidé de sortir du tunnel !
Je vais manifester, en tout zèle,
Pour te dire que je ne serai jamais ta petite bonniche toute belle
Ni ton caniche, ni ta potiche poubelle !
Pour mon statut de femme libre, je serai à jamais rebelle !
Aujourd’hui, je te confie, petit roi, toutes mes heures
Impayées de nettoyage, de cuisine et de vaisselle !
Tu vas le voir, toi le fort, ce n’est que du sport, rien que du pur bonheur !
Aujourd’hui, je ne veux plus être ton balai, chère idole,
Ni ta serpillière, ni ta gardienne de casseroles !
J’ai décidé d’ôter, à jamais, de ma vie, cette sinistre camisole !
Aujourd’hui, je descends dans la rue, pour casser tous ces vieux rôles,
Pour crier mon droit à l’égalité, au respect et à la parole !
Tu peux te rire de moi, me trouver bien drôle,
Me traiter de folle ou de frivole
Mais c’est décidé ! Pour mes droits, aujourd’hui,
De cette horrible cage, je m’envole !
Si jamais tu changes d’avis
Et acceptes de vivre avec moi, sans ton mépris,
Viens, alors, à mes côtés et hissons ensemble cette banderole
Sur laquelle il est écrit "Liberté, parité et dignité !"

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

FEU DE VIE

Paul Klee

Poème bleu fenêtre,
Poème rouge fruit
Qui s'envole du rire argenté de la lune
Vers nos lèvres assoiffées d'étoiles
Et de glissantes caresses infinies,
Comme d'un bateau d'amour
Et de rêves d'où l'on ne cesse de s'appeler.
Poème attentes de jours et de nuits
Qui ouvrent le miroir ailé d'un cri,
Qui renaît feu d'amour,
Feu de toujours,
Feu de vie !

© Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs » 

mardi 28 février 2017

Le ventre de l'épave

Photo d'épave tirée du Net


Il a percé la dune pour mesurer
L’ampleur du silence
Et les possibilités de passage
Vers le ventre de l’épave.
Il a reporté toutes les questions
Sur la fossilisation
Et les méandres de la solitude.
Que peut retenir de lait le reflet
Volant d’une étoile
Recensée par un fantôme ?
La lune cracha tous ses venins
Sur le narcisse opiniâtre
Riant de sable
Qui répétait, sans cesse :
« Le feu des jours n’a plus de laisse ! »



© Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs »

Photo d'épave tirée du Net