lundi 15 octobre 2018

LES CRIS DE LA TERRE

Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Emprisonnée, calcinée, meurtrie,
Tu implores, Terre, en criant
De toutes tes racines- veines,
De tous tes fleuves et rivières,
L’Homme-l’ingrat,
D’arrêter tous ses crimes,
De te laisser continuer
Les chants de tes épopées
Portés par tes échos,
Entre monts et vallées,
Entre labours et cimes,
Entre grottes et forêts !
Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Pourtant, tu lui offres encore
Ton eau qu’il assassine,
Tes arbres qu’il élimine !
Pourtant, tu coules encore
Roucoules, ton corps asphyxié,
En tes chemins de fleurs,
En tes rires de mer, en tes aires,
En tes champs, en tes déserts, rêveuses dunes !
Pourtant, ses impitoyables gaz brûlent encore tes pleurs !
L’ingrat rend de ses dards d’acier et de haine
Ton voyage d’amour impossible !
Terre ravagée, tu es son lâche trophée, sa cible !
Il ne sait que te violer, t’estropier, te polluer,
Bourreau aux bras pestilentiels,
Aux flammes de fiel !
Pourtant, tu lui offres encore
Ton sang, tes fruits, ton miel,
Tout l’argent, tout l’or de ton généreux ciel !
© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"
Musique de Myuu
Photographie du Net



lundi 1 octobre 2018

LA VIEILLE ET LE VIEUX ABANDONNES

Le 1er octobre 2018 : Journée internationale pour les personnes âgées.
Il ne faut pas les abandonner ni être ingrat envers elles !
LA VIEILLE ET LE VIEUX ABANDONNES
Tous quittent la vieille et le vieux :
Leurs enfants,
Leurs parents,
Leurs amis !
Personne ne les comprend plus,
Quand ils sourient !
Plus personne ne les prend
Au sérieux
Ni dans ses bras
Qui disent tout bas
« Bientôt, bon débarras, horribles vieillots !
Pourvu que ce soit le plus tôt ! »
On pense que c’est une grimace
De limace endolorie,
Quand ces deux malheureux rient !
S’ils appellent,
Pour aller aux nouvelles,
Le téléphone sonne
Mais pour seule réponse effroyable,
Ils reçoivent, interminable,
Le silence qui résonne !
Ça étonne tant d’impitoyables
Cyniques personnes !
Que ces lambeaux
Sans flambeaux
Se rappellent encore
Les noms et les numéros !
Tout quitte les deux misérables :
Leur force,
Leurs corps !
Les ports de leurs vieux rêves
Et les bateaux sans trêve
Larguent, narguent
De leurs hautaines sirènes
Ceux qui furent du foyer le roi et la reine
Les abandonnant tout frissonnants sans radeau
Sur les quais trembleurs des froids échos
Sous l’écrasant fardeau des ans et tant de peine
Mais pourquoi donc toute cette haine ?
Les avions, les voyages
Et les aéroports d’un autre âge,
D’avant leur naufrage,
Les quittent, leur tournant le cap
Pour d’autres altitudes,
Vers d’autres latitudes torrides,
Les laissant froids froissés sombrer
Dans la lourde fatigue qui sape
Et les interrogations hébétées
De leurs tristes rides !
Et la mort,
En prédateur des dernières heures,
Agitant ses cercueils et linceuls,
Les sachant seuls,
Les invite à franchir son seuil
Pour qu'elle les cueille
Et jette dans sa fosse à vers voraces
Comme des feuilles sèches et lasses!
Les lourds nuages attristés
Par tant d’ingratitude
Les regardant éplorés
Dans leur tragique solitude
Crachent leurs colère et mépris
Sur ces lâches traîtres maudits
Ces prétendus enfants, parents et amis
Qui cachent sous le miel
De leurs comédies
En d’horribles monstres sans cœurs
Leur joie et l’amer fiel
De leurs mesquineries
Face à tant de douleurs !
Inconsolables, les nuées
Offrent leurs incessants pleurs
A cette vieille et ce vieux dénués
Qui, désespérés, lentement se meurent.
©Mokhtar El Amraoui in «Nouveaux poèmes»

Le 1er octobre 2018
Journée internationale pour les personnes âgées

Musique de Tristan Lohengrin
Photographie du Net

vendredi 28 septembre 2018

L’HYMNE AU BAISER

Embrassons-nous !
Que nos lèvres drapées de velours
Dansent, fiers drapeaux d’amour !
Embrasons-nous
En feux d’amour
Pour narguer les bigots haineux !
Soyons des milliers, des millions à deux !
Semons, en soleils radieux,
Nos baisers sur tous les parcours
Pour transformer leurs nuits barbares
En merveilleux heureux jours !
Embrassons-nous !
Embrasons-nous !
De nos généreux baisers,
Ne soyons jamais avares !
©Mokhtar El Amraoui
Photographie du Net

samedi 15 septembre 2018

BONNE RENTRÉE ET MERCI, MA CHÈRE PREMIÈRE ÉCOLE!

BONNE RENTRÉE SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE 2018-2019 à toutes/ tous les élèves et étudiant(e)s ainsi qu'à tous les membres de la famille éducative!
MERCI, MA CHÈRE PREMIÈRE ÉCOLE!
En signe de reconnaissance à ma première et inoubliable école "Emile Saliceti, actuelle Pasteur" de Mateur, j'y lis quelques-uns de mes poèmes: "Ma première école", "Le livre" et "Exil".


vendredi 31 août 2018

PAYSAGE

Putride fiente de pigeons-corbeaux
Comme des mots de radio
Comme des chansons matinales soporifiques
Glaire d’espoir au temps des glaives atomiques
Lymphe carbonique d’appels phtisiques
Partouzes de nymphes et de restes d’éphèbes assassins
Flétris bourrés de protéines vaches !

Les os calcinés des nuages vomissent les rayons carnivores
Des rendez-vous rapiécés dans les labos de survie
De systoles diastoles plates des poubelles saturées
D’azurs glacés dans les barbelés des mensonges planifiés !

©Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

Gravure de Hans Hartung
Musique de Steve Reich

lundi 13 août 2018

FEMME, ROSE DES CIMES !

Bonne fête à toutes les Femmes !


 Femme, telle la rose, tu reprendras ton sang,
Tout le souffle de tes ans
Et t’envoleras de toutes  tes feuilles d’or,
Bien loin de la mort
Qui ne saura être ton unique sort,
Jusqu’aux plus hautes cimes
Libérée des chaînes de la haine
Qui t’enfermaient dans l’enfer des peines,
Dans le sombre silence des souffrances et abîmes !  

Tous les murs de tes prisons s’écrouleront,
Tes  pages d’ailes multicolores s’envoleront !
Tu entonneras, Femme libre,
Rose aux splendides nouvelles fibres,  
Les chants des chevelures ivres
D’amour et de vie en toutes saisons,
Enceinte de nouveaux horizons
Déployant leurs sublimes fruits
En tonitruants bouquets d’arcs-en-ciel,
Loin des obscurs barbares et de leur fiel !

© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes »
Le 13 août 2018
Photographie trouvée sur le Net


lundi 23 juillet 2018

LIBRATIONS




Jusqu’où peut aller la danse,
Dans le tumulte d’un tapis nocturne ?
Qu’accompagne, au juste,
Cette lumineuse euphorie ?
Les mains, semblables à des fruits aveugles,
A des fruits de questions,
Froissent la page d’éther
Qu’entretient le quiet phénix.
Et la robe, de ses flammes, enveloppe
La danse qui se lave à l’ivresse de l’éphémère.
Tant que semblent durer
Cette nuit, cette barque,
Ce port, ce pont, ce phare,
Je chanterai cette lune aux arabesques foetales.


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

Illustration tirée du Net
Musique : Extrait d’Asturias d’Isaac Albeniz joué par Ana Vidovic