mardi 20 novembre 2012

Exil


Aurelio Rodrigo Lopez




Dans tes yeux,
Mon enfant,
J’ai lu l’exil.
Toi, qui es né
Loin du pays,
Tes cheveux ont la couleur de l’olive
A laquelle nous n’avons plus
Le droit de toucher.
Dans l’éclat de tes dents serrées,
Mon enfant,
Je regarde
Des milliers d’étoiles calcinées,
Nos terres volées,
Nos maisons bombardées,
Des bouquets de poings
Tombant sous les orangers.
Dans le mercure de tes larmes,
Mon enfant,
J’ai lu l’exil,
L’exil d’un peuple.

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

2 commentaires:

  1. Magnifique plume sur un thème terrible. On ressent bien, tout à fait bien. Pour reprendre le terme de Rimbaud, tu es un voyant.

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  2. @ Voyant? Voyons!
    Arthur et toi avez tout à fait raison, il y a beaucoup de voyance en poésie; elle s'alimente surtout de cette énergétique-là.
    Les artères de ta poétique en regorgent jusqu'aux plus heureuses salves et valses stellaires hyper-rimbaldiennes!

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