samedi 24 novembre 2012

Les contes de ma mère

Ocell de Foc, par Max Ernst
L'oiseau de feu, Max Ernst 



Quand ma mère,
Dans ses contes,
Me parlait d’ogres sanguinaires,
D’hideuses ogresses,
De jeunes chevaliers
Transformés en statues de sel,
En muets pour l’éternité,
D’araignées carnivores,
D’esclaves aux têtes tranchées
Pour avoir désobéi,
Refusant d’être soumis,
De colombes pendues
Pour avoir troublé
Le sommeil du sultan,
Quand ma mère me chantait
Les larmes du jasmin-étoile emprisonné,
Pour avoir fui la monotonie
Des jardins du tyran,
Quand de tout ce qu’elle me racontait,
Je ne retenais
Que bourreaux, barreaux,
Morts et frissons,
Je ne peux, millénaire Ifriquiya,
M’empêcher
De penser à toi.

 © Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

4 commentaires:

  1. Ah! Comme il sublime ce poème qui me rappelle mon enfance, quand ma mère me faisait des comtes le soir au coucher et combien on était ce temps là transporté dans les rêves avant même d'entamer le sommeil!
    Bonne journée Mokhtar!

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  2. @ Bizak
    En ce qui me concerne, je crois que tout a commencé, tout s'est déclenché à partir de ces contes-là. Puis vinrent les mille et une nuits et Homère, ô mer de tous les voyages, de tous les rivages et visages!!!

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  3. On ne m'a pas raconté beaucoup d'histoires, mes parents étant sourds tous les deux mais j'avais cette bibliothèque sur le mur, au dessus de la tête de mon lit remplie de livres de contes et d'encyclopédies illustrées. Je n'avais qu'à me mettre debout afin de mettre la main sur un ouvrage et puis me sauver dans un ailleurs parfait. Vos mots m'ont refait visiter ma chambre d'enfance. Ils sont magnifiquement onirique. C'est une belle initiative que de nous faire lire votre poésie. Merci.

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    1. La rouge,c'est cela le livre : il délivre. Merci d'apprécier ma poésie.

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