jeudi 20 décembre 2012

La symphonie errante

Dessin rupestre à Tadrart




Je cherche mes rallonges telluriques,
Mes incommensurables sphères
Dans les dilatations de l’exil,
L’ombre ivre de ma soif
Dans la sècheresse de l’arôme somnambule.
Je cherche mes imprécations
Creusant les sillons du retour
Contre les serres des vautours,
Ton ombre aux aguets
De cet éveil cinglant
Erection du soleil
A la symphonie errante du dromadaire !
Je cherche le râle éclaté
De mes vertèbres lyres en délire,
S’étouffant de leurs notes déportées,
Mes soupirs tonnant de bleus fuyants
Dans l’inatteignable voyage
De ce papillon qui s’éreinte
En poursuites trébuchantes,
Au-delà de ses rêves brisés !
Je rêve de comètes,
D’astres flamboyants,
De méduses lunes
Ouvertures transparentes
Des inextinguibles profondeurs !
Je rêve, muet,
Dans la soif de tes pas,
Sur les sables du voyage
Auquel je t’invite vers les prairies rouges
Et leurs feux bleus !
Ô muse de mon départ !
Astre scintillant
Sur les lèvres ouvertes des vagues !
Il n’y a plus de toits !
Pluie d’encens rouge
Sur tes seins embaumés
Dans le linceul de l’extase des rencontres crépusculaires !
Viens de mes reviens fatigués !
Je te prêterai les ailes immaculées
De mes Icare exilés.
Je te montrerai
L’axe de l’impact pluriel,
L’agonie du cogito carnivore,
Ce manteau d’erreurs spectrales !
Viens !
Accroche-toi aux tiges sans amarres
De cette forêt éclatée !
Reviens de mes viens
Qui valsent dans l’aube
Des intraduisibles fermentations !
Nous écrirons la grandeur du menu moineau
Echeveau des sens triangulés !
Cet azur qui nous appelle
Nous retrace dans nos fibres de nouveau-nés !
Reviens
Au commun des immortelles mésanges assoiffées.
Je te composerai,
Sur le clavier des escaliers,
Une symphonie qui te mènera
Jusqu’à mon perchoir d’exilé !



© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

13 commentaires:

  1. Un de tes poèmes que je préfère Mokhtar! Je le trouve enivrant...

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  2. Il ont beaucoup de chance,mes vers.Plus de trois,adieu les dégâts! Tchin, tchin et traversons le Sahara!

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  3. Une symphonie qui nous emporte dans un tourbillon fantastique. Magnifique, merci!

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    1. Colo,ravi que ma symphonie vous parle tant.

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  4. La poésie déboule ici, comme nos bordées de neige. Heureuse température que ce poème.

    Pour la fin du monde demain, on nous annonce une tempête hivernale. Mon coeur est en liesse.

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    1. un ajout, concernant la rencontre entre neige et sable,plus l'effet-miroir dont je viens de te parler , c'est le cristallin : à lire les cris(tallins)!
      Qu'ils soient de joie pour une aube nouvelle!

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  5. Anonyme19:17

    Fantastique !

    Astrid

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    1. Bienvenue, très chère poétesse , et merci beaucoup!

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  6. Que se rencontrent,alors, demain, neige et sable, dans cette ultime journée d'un monde fade pour que commence à partir du 21/12( effet-miroir saisissant et significatif entre les deux chiffres) l'aurore d'un monde gouverné par l'art rien que l'art et plus jamais le dollar!
    Content que mon poème te réchauffe!

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  7. Ta poésie se nourrit d'images extraordinaires, de formules de mots incandescents, des gerbes de phrases en feux d'artifices !
    Mokthar, tu illumines par ta parole comme un feu réchauffe !

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  8. Merci beaucoup, très cher Guillaume.

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  9. Elle m"entraine, cette "symphonie errante", vers un indéfinissable ailleurs, mais indéniablement captivant.

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  10. C 'est cet ailleurs que tu portes en toi, depuis ton enfance , cet ailleurs que tu as connu au Maghreb et plus précisément à Blida, la ville des roses. Je crois que ce poème, tu le reçois en écho de ces racines-là où se mêlent contes, sons, musiques, parfums et j'en passe.
    Merci, cher Lelius, de ton appréciation.

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