samedi 29 décembre 2012

Une pépite de chaleur






Elisa  Parre



Roses à lunes,
Massifs de mots en attente.
Le ciseleur, au bord, jaillit,
Verres en main,
Et des étoiles en laisse.
Il crie :
« Le ravin ! Le ravin ! »
L’onde parcourt l’effroi des heures
Jusqu’à la paroi encore en friches.
Où ira germer-Azur- la fiole des stupéfaits ?
Cantaméduse !
Le fossile est là,
Preuve d’étonnement amoureux .
Les feuilles de tant de manuscrits
M’ont appris le passage des vents.
Aux peurs noyées dans la pâte-soleil,
Mes fièvres tracées à l’encre des sables
Me drossent jusqu’aux revenants oiseaux d’écumes
Piégés à la glu des mireurs.
Hier encore, au café Les Abysses,
Tu tentais, bavant dans les bivouacs des rues mortes,
De me dessiner la chamelle allégorique,
Toi, l’à bout d’herbe,
Frappant, au coeur de la cire,
Pour une pépite de chaleur.
Mais il est toujours des hirondelles
Tuant tout retour vers les lueurs
D’anciennes vasques maudites.
Malgré toutes ces mèches de feu tressées,
Il nous reste tant de froids à subir.




© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"


2 commentaires:

  1. J'y vois l'ancien secret des monolithes comme dans l'odyssée de l'espace ,qui raconte l'implacable rigidité de la pierre et du froid face à la palette de nos émotions . Je continue d'être vraiment impressionnée par ta virtuosité verbale et la richesse avec laquelle tu concilies les contraires.je suis bien heureuse que notre cher Bizak m'ait permis de te connaître!

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  2. Chère Orfeenix, je suis vraiment très enchanté et honoré de t'avoir connue; et pour cela, je remercie Bizak. Tes commentaires pertinents éclairent toujours de nouvelles lumières, toutes de nuances, mes poèmes. Comme la vie , mes poèmes sont construits sur des oxymores. Ton parallélisme ciné/poème m'a énormément plu.

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