mardi 31 décembre 2013

Renaître

Bonne année 2014, à vous toutes/ tous!






Que chantent tous les cieux 
Leurs feux de danses,
Transes de nos renaître 
Aux bains de voluptueuses fragrances !

Laissons germer, 
En douces lèvres, 
Nouvelles mélodies,
Nos mots assoiffés de vie, 
Nos ascensions en caresses
Vêtues d’étoiles, 
Pour chasser, de leur rire floral,
L’obscure détresse,
Pour ouvrir les nouvelles pages
De nos jardins criant,
Au creux de nos cœurs,
Les grains rêvant
De sillons d’amour
Invitant, dans leurs profondeurs,
L’éclosion des lumières
D’un possible bonheur !

©Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

samedi 28 décembre 2013

Ton souffle, tes pas!

Tableau d'Anne-Marie Zilbermann


Ton souffle, tes pas
Et toutes ces étoiles d’ombres 
Que sème ton corps éclairé
Au silence du vent
Qui écoute la flûte des mers
Le bercer de tes fleurs
Semées dans les paumes chaudes de tes rêves !

Ton souffle, tes pas !
Un papillon enivré par son butin de lèvres
Et un soleil qui joue aux damiers des ombres !

Ton souffle, tes pas 
Et une belle rosée de souvenirs 
Parfumée à l’envol de nos jours à venir !


©Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

mardi 17 décembre 2013

Courbes de lumière




Adam Martinakis





Advenir à cette lumière
Qui te dit en courbes,
A ce silence qui te sculpte de ses ailes
Et réveille pour ton regard
Tant d’ouragans de sèves !

Le fruit qui t’appelle
T’a reconnue !
Il t’offre la mémoire ivre
De ses germinations
Et les caresses du vent,
Du soleil et de son lait,
De la lune et de son sang !

Ecoute son rêve qui te réveille.
Est-ce pour lui
Que tu te fais,
Dans ta fièvre, rose ?



© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

vendredi 6 décembre 2013

Nelson Madiba Mandela!





Quand le chant retrouva son oiseau,
L’espoir, récitant ses couleurs,
S’éleva, juste,
Sur son sommet de lumière !
Nelson Madiba Mandela,
Tu offris les bras de tes nuits,
Tes longs jours de silence
Criant de vie
Contre les murs de la haine,
Contre l’enfer du mensonge et de l’oubli !
Tes mots reprirent le cours de leurs cieux
Pour s’envoler en pas sûrs,
En chemins pour tous les yeux
Assoiffés de bonheur possible.
Tu vainquis l’arme des séparations.
Elle fondit, au feu de l’amour,
Sous les chaudes larmes
Des retrouvailles, en mains éclairées
Des rires multicolores de chansons
Pour tous les enfants,
Dans les jardins fleuris de nouveaux horizons !


© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

mardi 3 décembre 2013

Ahmed Foued Nagm

Le poète égyptien Ahmed Foued Nagm


Tes mots Nil ont percé 
Les murailles du geôlier, 
Pour éclore en sentences de lumière,
Pour qu’en luttes s’accordent, ailées, 
Les veines des pas et des poings déliés !
Eclairs de luth que tes poèmes !
Diadèmes d’étoiles,
Sur les palmes échevelées de tes cris !
Tu fis, du sang des martyrs, une aube d’éveil
Et des peines des haillons, de radieux élans !
Ton verbe en chant allumé
Restera toujours debout,
Pour éclairer la marche oubliée
Des enfants d’ombre et de boue !
Il grondera d’amour
Pour les prochains millénaires
Où tant de gerbes ensanglantées, en ta voix,
Sauront, fières, panser leurs blessures
Et dans nos cœurs, à jamais,
Brilleront, de mille chemins,
Les yeux de tes mots,
Les mots de nos lendemains !



©Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs»


mercredi 27 novembre 2013

Les radeaux bleus





Edward Vardarian


Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, Il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves célestes enfouies,
Pour nous offrir des parchemins
Qui redonnent leurs couleurs
A nos baisers, à nos cœurs, à nos mains
Et, à nos caresses, leurs fruits
De pinceaux en fleurs,
En échos d’appels à nos amours bleuies,
En rouleaux d’immenses cieux
Tantôt joyeux, tantôt meurtris,
Tantôt radieux, tantôt gris
Où se retrouvent les pleurs
Et les rires de nos yeux,
Entre enfer et paradis,
Entre agonie et tableaux bleus,
Radeaux de survie !
Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves terrestres enfouies,
Où les couleurs, pour le grand bleu,
De mille feux, rechantent la vie !
©Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs "  

lundi 18 novembre 2013

Mon récital au Centre Culturel International d'Hammamet, le 1er novembre 2013

Mes chères/ chers ami(e)s, voici mon récital poétique, à Dar Sebastian, le 1er novembre, organisé par L'Adfe( Association des Français de l'étranger) Capbon en collaboration Avec le CCI d'Hammamet. Je tiens à remercier, de nouveau, Mme Eliane Jazy, en sa qualité de Présidente de L'Adfe Capbon et toutes celles et tous ceux qui ont eu la gentillesse de venir m'écouter et me regarder dire mes poèmes ainsi que l'artiste M. Omar Najlaoui qui m'a filmé avec la complicité de la poétesse Mme Fatma Mekni. Vidéo!
http://www.youtube.com/watch?v=tkTmLPzUZl0

dimanche 10 novembre 2013

Albatrocités

Mia Pearlman

Les pages des vagues
Se refermeront sur le ciel de nos attentes.
La mouette, dans son désarroi,
Guette la naissance des seins
Qui brillent au vent.
Un jardin, de ses chants, promet tant de vertes lunes.
Comme ces marches luisantes
Ressemblent aux crocs du temps !

©Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

lundi 4 novembre 2013

La calligraphe et le vent


Entre ciel et mer       Myriam Garali




Quand la calligraphe s’arrêta de danser,

Le vent lui demanda

Où elle avait emmené toutes ses lettres.

Elle lui rétorqua,

En riant en fleurs,

Oubliant ses pleurs,

Qu’elles n’étaient rien d’autre que son souffle !

« Et tous ces parchemins alors

Que sont tout ce sable si fin,

Toutes ces mers,

Tous ces fleuves,

Tous ces océans,

Toutes ces nuits si lourdes d’attentes

Et tous ces pas éreintés par tant de distances ?

- Vois, là-haut, au firmament !

Vois bien, vent, dans les yeux de mes ans,

Toutes ces ailes qui écrivent,

Toutes ces ailes qui dérivent

Dans leurs fièvres sereines, en filaments,

Les serments des jours, les sermons des ans ! »

Résonnent d’amours et de parcours,

En douces flûtes, en ouragans,

En complaintes de séparations,

Les chemins des âges, les horizons et leurs naufrages,

Les douces vagues, les lâches tempêtes et leurs oraisons,

Tapissant de routes amènes, de déroutes, les pèlerinages

Des assoiffés de lumière, habillés de fiers haillons,

Défiant outrages, chaînes et carnages

Où l’aube grimée, dans sa nécessité,

S’accouple à la grimace naissante des nuits des hasards,

Pour redonner, aux muets, leurs couplets d’antan,

Pour qu’à la cithare revienne le chant,

Pour qu’aux étoiles pousse la graine en champs !






Poème inspiré par le tableau de l'artiste-peintre Myriam Garali   "Entre ciel et mer »


© Mokhtar EL Amraoui in " Le souffle des ressacs "

vendredi 18 octobre 2013

Tu l'es déjà!

Tableau trouvé sur le Net

Si tu étais un arbre,
Tu ne serais que l’arbre des arbres !
Tu abolirais toutes vaines disputes et inutiles palabres !
Tes fruits magiques, s’allumant tels candélabres,
Feraient s’évaporer, en une bouchée, toutes les épées, tous les sabres
Et leurs tragiques desseins si vils et si macabres !
Tes chants réchaufferaient le plus froid des marbres
Et, moi pégase, pour t’embrasser, dans mes rêves, me cabre
Et mes ailes assoiffées qui, épuisées, se délabrent
Renaîtraient, frémissantes, dans tes feuilles cinabre !
Si tu étais un arbre
Mais ne l’es-tu pas déjà, arbre des arbres ?


© Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs »

mardi 8 octobre 2013

Conte marin


Océane   Messaoud Khaldi


Le velours de la mer m’enroule jusqu’à la fleur du sémaphore

Tu offres le lait de tes roses
Au pendule de la lune.
La mouette, dans son bal,
Invite des bateliers attardés
Que la mémoire des ports n’enchante plus.
Ils rament vers d’autres souvenirs
Sans écailles,
Sans échos,
Epelant un monde toujours nouveau
Et la chair bleue de l’océan
Aux rides de baves
Egrène,
Sous les vents,
Des chapelets de feu,
Le tintamarre des couleurs
Invite à d’étranges cènes
Où les commensaux racontent des fables
Au sang encore chaud.
Et les curieux,
Tels d’habiles phasmes,
Ecoutent, en soupirant,
Ces chants si mélodieux
Qui parlent d’azurs défrichés
Dans des nuits sans boussoles.

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

mercredi 11 septembre 2013

Victor Jara



En hommage à l'épique résistance du peuple chilien contre le vil dictateur Pinochet qui , soutenu par la CIA, a renversé, le 11 septembre 1973, le Président démocratiquement élu Salvador Allende

Oiseaux libres,
Oiseaux fiers du Chili,
Un vent glacé,
Dans Santiago assiégée,
Porte vos chants endeuillés.
Les nuages ensanglantés
Par les serres des vautours casqués
Explosent en larmes,
En larmes de feu !
Jara est mort!
Le rossignol du peuple vient d’être tué !
Oiseaux fiers,
Oiseaux libres du Chili,
Les deux mains tranchées,
La guitare blessée,
Jara a continué de chanter,
De chanter et d’aimer.
De chanter le peuple
Et d’aimer la solidarité,
De chanter la rose rouge
Et d’aimer les déshérités
Rêvant de liberté.
La guitare broyée,
Sous les coups traîtres
Des pattes chaussées des bottes de la haine,
Jara a encore chanté
La justice pour les opprimés
Et la beauté dans la fraternité.
Oiseaux libres,
Oiseaux fiers du Chili et du monde entier,
Volez !
Volez !
Volez plus haut que le deuil,
Plus loin que les larmes et les tristesses
Car son sang répandu,
Car ses chansons
Sont un bouquet d’espoir,
Sont un appel au combat !


© Mokhtar El Amraoui in « Arpèges sur les ailes de mes ans »

dimanche 1 septembre 2013

Il pleut, mon soleil!



Photo trouvée sur le Net

Ecoute cette pluie ! Regarde-la, elle luit !
Elle nous invite à y peindre un soleil
Gros d’amour comme nos deux cœurs
Qui s’éveillent, tonnants labours d’eau, de sueur,
En sillons de mots, en caresses de lueurs,
Pour qu’éclosent de joies toutes nos fleurs !

Sur leurs rires argentés mouillés sans pleurs,
De tous leurs traits de rideaux d’eaux,
Crissent, en frémissantes feuilles et peaux,
Les fièvres ivres de nos douces fureurs !

Elles nous tombent dessus, trombes de joueurs,
Pour nous parfumer, loin de toute douleur,
Pour nous arroser, pour nous enlever, en chœur,
Vers les promesses de leurs fluviales hauteurs !

Ecoute-la, cette pluie ! Regarde-la, elle luit,
Pour assoiffer d’amour le soleil de nos deux cœurs !


© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs "

lundi 26 août 2013

Berceuse pour ma bien-aimée

Hessam Abrishami


Viens dormir, ma douce colombe,
Ma bien-aimée!
Viens voyager,
Toi, mon amour si éreinté !

Je caresserai tes rêves de paix,
Tes cheveux qui racontent
Tant d’années de luttes, tant de veillées !

Laisse ton souffle, qui se libère, me réchauffer
De toutes ses lunes, de tous ses soleils !
Il couvrait tous leurs réveils, tous leurs sommeils,
De baisers, quand ils étaient,
Au milieu de la nuit, si effrayés,
Quand ils se réfugiaient, petits anges,
Dans le nid de tes insomnies, mon ange!

Ta radieuse patience, qui toujours rit,
Leur cachait tes peines et tes soucis.

Viens donc dormir, ma douce colombe,
Ma bien-aimée!

Je bercerai, toutes les nuits,
Ton corps qui a toujours bercé
Tant de vagues d’espoirs portés
Par les ailes de nouveaux fruits,
Ton corps qui cherche, aujourd'hui,
Un doux rivage où se reposer,
Pour se recomposer,
Après les fatigues de tant d'années!

Viens donc dormir, ma douce colombe,
Mon adorée!

Je te bercerai, jusqu’au sourire serein de ton arrivée
Au plus profond de mon cœur qui, jamais, n’a cessé de t’aimer !

© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes" 

mercredi 14 août 2013

Les cris d'une rebelle



à toutes les Tunisiennes qui, le 13 août 2013, ont manifesté, afin de protéger leurs droits! 


Hé toi, infâme, qui te crois roi de la femme, ta proie !
Je te dis qu’aujourd’hui je me libère de ta terreur !
Je sors de ta geôle d’horreurs,
Pour revendiquer mes droits !
Je n’ai plus peur de tes horreurs d’empoisonneur
Ni de tes diktats d’emprisonneur !

Je sors arracher ma part légitime de bonheur !
J’ai décidé de mettre fin à tous mes malheurs !
A partir d’aujourd’hui, je ne veux plus ressentir de frayeur !
J’accoucherai, libre, de toutes mes futures heures
Tout en splendeurs, malgré toi, tyrannique protecteur,
Bien loin de la lourdeur de mes silences en pleurs,
De mes souffrances et interminables douleurs !

Aujourd’hui, c’est la grande heure !
J’ai rendez-vous avec mes ailes !
J’ai décidé de sortir du tunnel !
Je vais manifester, en tout zèle,
Pour te dire que je ne serai jamais ta petite bonniche toute belle
Ni ton caniche, ni ta potiche poubelle !
Pour mon statut de femme libre, je serai à jamais rebelle !

Aujourd’hui, je te confie, petit roi, toutes mes heures
Impayées de nettoyage, de cuisine et de vaisselle !
Tu vas le voir, toi le fort, ce n’est que du sport, rien que du pur bonheur !
Aujourd’hui, je ne veux plus être ton balai, chère idole,
Ni ta serpillière, ni ta gardienne de casseroles !
J’ai décidé d’ôter, à jamais, de ma vie, cette sinistre camisole !
Aujourd’hui, je descends dans la rue, pour casser tous ces vieux rôles,
Pour crier mon droit à l’égalité, au respect et à la parole !
Tu peux te rire de moi, me trouver bien drôle,
Me traiter de folle ou de frivole
Mais c’est décidé ! Pour mes droits, aujourd’hui,
De cette horrible cage, je m’envole !

Si jamais tu changes d’avis
Et acceptes de vivre avec moi, sans ton mépris,
Viens, alors, à mes côtés et hissons ensemble cette banderole
Sur laquelle il est écrit « Liberté, parité et dignité !

© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes »

lundi 12 août 2013

Médutopia

La danse Aly Ben Salem


Quand verrai-je luire,
Dans ces yeux blêmes,
Les feux de la vie ?
Quand verrai-je sortir,
De la nuit noire,
Un chant pacifique de victoire ?
Quand verrai-je
Se pointer, à l’horizon,
Les poings du futur
Et l’espoir noyer les haines et les mépris?
Quand verrai-je passer
Le défilé
Beau,
Gai
Et puissant de la liberté,
En Méditerranée ?
Quand écouterai-je
La musique de la fraternité
Vibrer sur les cordes chaudes du soleil,
Sous les petits doigts
Aux couleurs de l’arc-en-ciel
Des enfants ?

© Mokhtar El Amraoui in « Arpèges sur les ailes de mes ans »

mercredi 7 août 2013

Au rendez-vous du Bardo

Au Bardo, le grand soir historique du mardi 6 août 2014!



On était, là, au Bardo,
On avait, tous, le même âge, 
Celui de notre soif de lumière
Pour t’enlever, chère Tunisie,
L’odieuse muselière
Que veulent t’imposer
Les planteurs de misère,
Les bigots aux fausses prières
Qui se réservent les paradis de leurs châteaux
Et veulent, assassins, jeter, dans l'enfer
De leurs froids caveaux et caniveaux,
Les millénaires de ta grandeur, sublime Tunisie !
On était, là, au Bardo,
Tes filles et tes fils, nous avons, tous, accouru,
En fières houles d’amour pour te sauver, patrie meurtrie !
On avait, tous, ton visage, un seul et même cri d’espoir,
Pour faire briller, de mille feux, le génie de tes gloires
Que veulent enterrer, dans le sang, les fossoyeurs de ta mémoire !
Tu étais là, en nous, grande Tunisie,
Toi, l’éternelle rebelle, l’immortelle amoureuse de la vie !

© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes »

samedi 27 juillet 2013

Les fleurs de ton sang



Martyr, ton sang a déjà fleuri !
Il avance en millions de poings qui crient
Leur soif d’amour et de liberté pour la chère Tunisie !
Martyr, c’est ton sang qui, de nos veines, jaillit
Pour libérer notre révolution des vautours qui l’ont ravie !
Que chaque vil tyran soit à jamais maudit
Et, s’il en a encore le temps, fuie, puisqu’il n’a pas compris
Que le Tunisien est de liberté, de justice, de dignité épris
Et que pour ces nobles valeurs, il a toujours offert, sans hésiter, sa vie !
Martyr, ton sang bat dans nos coeurs et, d’éternels espoirs, à jamais,luit !

©Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

mercredi 17 juillet 2013

Béton

Caricature trouvée sur le Net



Du béton,
Rien que du béton !
Les mains serrent le béton,
Dans le noir du goudron,
Dans le gris froid,
Le béton a des rides sur le front.
Des pieds géants de béton,
Pas lourds de statues !
Du béton,
Rien que du béton.
Béton carnivore,
Béton qui vomit les passants
Aux coeurs de béton.
Froids de béton,
Chauds de béton,
Soleils de béton,
Lunes de béton,
Etoiles de béton,
Saluts de béton,
Rires de béton,
Ciel de béton,
Mots béton,
Sexes béton,
Rêves de béton,
Rien que du béton !
Du béton plein les villes,
Du béton plein les campagnes,
Du béton plein les coeurs.
Silences de béton,
Ennuis de béton,
Solitudes de béton,
Tombeaux de béton,
Pas proliférant de béton,
Peaux de béton !
Du béton plein les coeurs,
Du béton plein les villes !
Le temps coule,
Comme du mortier,
Vers une mort de béton.
Tu gueules,
Tu cries,
Tu rages,
Tu brandis ton poing,
Rien que du béton !
Ce qu’il faut vraiment,
C’est des bulldozers
Pour casser tout ce béton,
Pour secouer les gueules de béton !
Fouille, creuse,
Au plus profond de toi,
Pour déterrer tes bulldozers !
Ne flanche pas
Car tu en es capable !
Aurais-tu la mélancolie de béton ?
Tu dois l’accoucher, ton bulldozer !
Débride-le !
Ne le dompte pas !
N’en fais pas une poupée de galeries !
Mets-le, donc, sur le tapis,
Comme la dernière carte
Que tu tiens
De tes cinq doigts
Qui tremblent !
Si tu as peur de perdre,
Alors, ravale ta rage
Et n’en parlons plus !
Crève de béton !







© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"







vendredi 12 juillet 2013

A feue Zaaroura, la mendiante de Mateur


Une mendiante Hugues Merle

                                                                                
Je viens,
Sur ta tombe d’argile,
Planter un bouquet de mes veines
Patiemment taillées
Où les oiseaux, en plein hiver,
Réchaufferont leurs froids gosiers
Pour te chanter des symphonies
Qui te feront ressusciter.





© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

dimanche 7 juillet 2013

Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse


Le phénoménal Grand Guillaume nous invitant à voyager dans le futur!




Mes très chères/ chers ami(e)s, comme je suis encore novice dans la blogosphère, je commets souvent des maladresses au niveau des manipulations.  J'ai malencontreusement supprimé l'analyse de mon cher  frère Guillaume Lajeunesse, alors que je voulais l'afficher pour la relire! Heureusement, Guillaume a été adorablement compréhensif avec moi, en m'envoyant de nouveau son approche! La voici, encore une fois. En tout cas, elle gagne toujours à être relue!

Cher Mokhtar !

Comment vas-tu ?


Je viens de terminer la lecture de ton succulent recueil.

Tu as beaucoup de talent. Rimbaud te qualifierait de voyant.

La poésie me fait l'effet d'une drogue (c'est curieux que je dise ça, car je n'en consomme pas). Parfois, l'on peut manier la poésie et lui faire dire ce que l'on veut, en tant que lecteur. Avec ta poésie, c'est impossible : c'est elle qui nous entraîne, nous lance dans un rafting aux vagues bariolées. Dans des manèges psychédéliques ! En ce sens, ta poésie est une très agréable drogue psychédélique.

J'aime bien ouvrir ton recueil, au hasard, et lire un poème. Il y a tant d'images dans tes mots qu'on ne peut les mémoriser ! En ce sens, après une lecture inopinée, je me dis toujours : « Il me semble que je n'avais pas vu ça la dernière fois. Mais qu'est-ce que je viens de voir !... »

Les images les plus diverses s'y succèdent à un rythme vertigineux.

En lisant, j'ai pris des notes, au sujet de quelques poèmes.

Les voici :


Amnésie sioniste

Coutures célestes, doigté du poète. Magnifique esthétique d'une noirceur.


Mon coeur-fanal

Conte enivrant au parfum de brumes et de fleurs !


Le luthiste

Martèlement céleste du poète ! Très fort ! Images, impressions !


Sarbacane d'argent

Belles enjambées musicales, très belles images.


L'enfant-roi

Merveilleux pendentif-poème aux reflets magmatiques.


Coeur perché

Sobre et brûlant.


L'enfant des bidonvilles

Battantes images qui émergent, en rêves spontanés et désarticulés, à la surface de la conscience.


Réveil

Beau looping imaginaire.


Ma rue

Jamais une rue n'aura été corridor aussi organique, salle de musée aux flashs aussi mnésiques, déambulation si esthétique !

Très voyant.

Les relectures montrent des replis neufs qui cachaient d'autres histoires !


Conte en aquarelles

On patine entre les mots, des miroirs plein la tête. Suggestif ? Supra-suggestif ! C'est merveilleux.


En somme, Mokhtar, tu as une langue prismatique à laquelle on se synchronise et qui entraîne loin. Dali en plein trip d'acide.

Toutes mes félicitations, Mokhtar !

Continue à écrire ! Ponds-nous un cortège de nouveaux poèmes ! La poésie brûle au fond du coeur, et les veines ne demandent qu'à devenir rayons !

Bien à toi,

Guillaume






Voici, mes très chères/ chers ami(e)s vos commentaires que j'ai pu récupérer:







Je suis tout à fait d'accord avec toi, chère Orfeenix! sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse
en réponse à La qualité d' un recueil s' estime aussi à la qualité de la lecture, vous êtes excellents tous les deux!, par orfeenix
le 09/06/13
Franchement, cher Giulio, j'ai bien aimé vos deux approches! Merci pour tes encouragements continus. sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse
le 09/06/13
La qualité d' un recueil s' estime aussi à la qualité de la lecture, vous êtes excellents tous les deux! sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse1 réponses
le 09/06/13




Personnellement, je préfère lire en continu, saisir les lies inter-poèmes, les évolutions, les travelling-arrière, qui me permettent d'apprécier le recueil comme un tout, comme le poète qui l'a écrit, avec ses doutes, évolutions, contradictions, inconstances, fidélités, convictions, vallées et sommets, chutes et envols... Bonne chance pour ta lecture demain ! Giulio sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse
Anonyme
le 09/06/13
le 09/06/13
Je suis vraiment très ravi que mes poèmes t'aient plu! Encore une fois, chapeau pour l'approche! sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse
en réponse à C'est moi qui te remercie de m'avoir offert ce magnifique recueil plein à ras bord de ta poésie pétillante !, par Guillaume Lajeunesse
le 08/06/13
C'est moi qui te remercie de m'avoir offert ce magnifique recueil plein à ras bord de ta poésie pétillante ! sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse1 réponses