mardi 15 janvier 2013

Contes marins

Le Vieux-Port de Bizerte






                                                  Le velours de la mer m’enroule jusqu’à la fleur du sémaphore




Tu offres le lait de tes roses
Au pendule de la lune.
La mouette, dans son bal,
Invite des bateliers attardés
Que la mémoire des ports n’enchante plus.
Ils rament vers d’autres souvenirs
Sans écailles,
Sans échos,
Epelant un monde toujours nouveau
Et la chair bleue de l’océan
Aux rides de baves
Egrène,
Sous les vents,
Des chapelets de feu,
Le tintamarre des couleurs
Invite à d’étranges cènes
Où les commensaux racontent des fables
Au sang encore chaud.
Et les curieux,
Tels d’habiles phasmes,
Ecoutent, en soupirant,
Ces chants si mélodieux
Qui parlent d’azurs défrichés
Dans des nuits sans boussoles.






© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"


19 commentaires:

  1. Ah! Mokhtar... nos esprits se rejoignent. J'ai travaillé hier sur une photographie et tu souriras quand je la mettrai sur mon mur. C'est fou comme les idées voyagent. Magnifique comme toujours.

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    1. Chère Rouge, je crois énormément à la télépathie.Merci de ton appréciation,l'artiste!

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  2. Quel talent, quelle musique, quelle symphonie de mots, je l' ai lu à haute voix et je croyais chanter.

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    1. Chère Orfeenix, c'est un très grand honneur que tu fais à mon poème que de le chanter à ta manière que je sais si vraie et si sincèrement poétique!Tes mots me réchauffent le coeur, chère poétesse!

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  3. Cher Mokhtar, je ne complimente pas tous les jours mais tu peux faire comme si. J'aime ce moment, de bon matin, où je lis tes poèmes. C'est le seul blog que je lise à voix haute.
    Cerise sur le gâteau, la photo du jour est très belle et appuie sur certaines émotions personnelles passées. C'est émouvant. Merci à toi.

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  4. Merci beaucoup, cher Claudio, du grand honneur que tu me fais. Bizerte te passe un très grand bonjour!

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  5. Cher Mokhtar, je lis ton poème en écoutant "conte de l'incroyable amour" que je viens de poster, avec le oud que j'aime tant..et cela s'épouse ! avec justesse...

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    1. Ah! Quel album. C'est ma première rencontre avec Brahem, il y a de cela vingt ans déjà. Je ne me lasse pas d'écouter cet album. Bon choix.

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    2. merci à toi La Rouge. J'ai une passion pour Anouar comme pour Dhafer Youssef http://www.youtube.com/watch?v=TDCQG9ZDSRU&list=PL46877996E7F7AD3C

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    3. Oh, oui, Cher Brigitte, Dhafer Youssef! il est aussi génial. J'ai là une idée qui me saute à la tête: t'écouter chanter ou bien dire l'un de tes poèmes, accompagnée du oud. Je suis sûr que ça donnera une subtile rencontre!

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    4. Ton idée est belle cher Mokhtar puisqu'elle est un de mes profonds désirs!!!
      ton écoute et ta présence est si précieuse!

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    5. J'attends impatiemment sa réalisation,chère Brigitte!. Pour l'écoute et la présence, les tiennes me remplissent de bonheur, toutes les secondes. Merci.

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  6. Chère Brigitte, quelle magique spirale poétique tu crées dans cette belle fusion de mon poème avec les envoûtantes notes du oud! Merci!

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  7. la nuit se repose sur ses mers lorsque la terre, songeant au ciel, dans le choeur des hommes, rougit.Amitiés. Astrid

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  8. Chère Astrid, sublime tableau d'harmonie que tu brosses là. Merci de ce cadeau, l'amie.

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  9. Puisqu'il est passé minuit, continuons, mon Ami :


    L'étoffe de la nuit.


    La nuit se repose sur ses mers lorsque la terre,
    songeant au ciel,
    Dans le choeur des hommes, rougit.

    Une parole se pose sur le bord de son lit.
    Elle dit aux hommes, endormis ,l'histoire de leur vie.

    La vague borde la terre.
    Et le ciel pousse la porte de minuit.

    Il quitte la chambre de l'oubli
    et dépose sur les paupières de la nuit
    une étoile qui guidera les hommes vers leurs rêves infinis.

    Toutes les mers bercent nos vies.

    Amitiés. Astrid

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    1. Sublimes, ces échos entre nos vers, chère Astrid! Comme ils se complètent en une heureuse ode à la mer! Ah! Quand les poèmes "s'enspirent" ( un néologisme grâce auquel je veux dire la Rencontre inspirée/ inspirante de fluides poétiques)!

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  10. Épeler un monde nouveau
    La chair bleue de l'océan
    Des chapelets de feu
    Le tintamarre des couleurs

    Des mots au-delà des mots; des images au-delà de l'image; de la poésie à l'intérieur de la poésie. Ce conte est une berceuse qui est un poème qui est une chanson : le vent et la voile en même temps. Succulent!

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    1. Merci, cher ami Michael, pour tant de sensibilité et d'empathie poétique!

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