mardi 22 janvier 2013

Mémorial

Robert Krogle




La lune étale ses corolles,
Jusqu’au bout de mes rêves,
Jusqu’au bout de mes chants.
Les souvenirs sont-ils perches ou restes ?
Le vent, au si long cours,
Guette la cendre et sa disparité.
Le glas est si lumineux
Que les pétales de ton nombril
Se disloquent aux franges de l’eau
Avec ces grains laissés à l’abandon,
Quand brûlaient, au ciné, tant de rizières.
Mais, pour toi,
Le ciel ployait en centaures
Vers une phrase cerceau
Que des enfants pâles et las,
Brisés d’étoiles,
Amenaient au faîte de bègues lits.
La clarté d’une paume
Fait toujours renaître cette amertume
Qu’un voyant ne peut jamais voir.
Tel une luciole nomade,
Le cri vomit sa danse, ses déroutes.
Alors, quel jardin pour fleurir le papillon ?
Parfois, une feuille d’automne ou un cadavre
Crissent croissent, au fusain de pas pressés.






© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"



8 commentaires:

  1. "Alors, quel jardin pour fleurir le papillon ?
    Parfois, une feuille d’automne ou un cadavre
    Crissent croissent, au fusain de pas pressés."

    J'aime beaucoup la chute de ce poème.
    Amitiés

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  2. Je suis émerveillée.C' est un don de donner du sens aux images hasardeuses , il en faut de l' audace! Et on la sent dans les tripes la force de la nostalgie, la blessure de la mémoire.

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  3. Chère Orfeenix, c'est dans et grâce à la poésie que le hasard retrouve son essence de nécessité. Comme tu as bien senti mon poème!

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  4. Le cheminent que prennent les mots de ta poésie, nous donne l'espoir que tout n'est pas perdu! Le monde est comme un puzzle où tout reste à jouer!Les mots véhiculent des rêves inachevés mais l'espoir est là.

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  5. Cher Bizak, comme c'est bien dit, tout cela! Merci pour tant d'optimisme!

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  6. Extraordinaire. Je l'ai lu à voix haute pour m'en imprégner.

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  7. Quel honneur tu me fais là, cher poète!

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