dimanche 17 février 2013

Bris


Albena



Dans les fragments d’une mémoire éclatée,
A germé le fluide de tes caresses.

Quand ton ombre, se levant, m’a éclairé les yeux,
J’ai cru, en dormant, t’avoir pour l’éternité,
Evanescence moqueuse d’une tache essuyée.

Comme une larme collée à la vitre de mon coeur,
Tu t’approchais, sur la mousse de tes pas,
En suivant mes soupirs.

Et quand, à l’aube, ont fui les hiboux,
Tu m’as offert la blancheur d’une colombe.

Oublier l’arc de tes cils
Serait insulter l’éclair.

Je m’accrocherai à tes ailes,
Pour quitter cette étouffante citadelle.







© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"


8 commentaires:

  1. Bonjour Mokhtar,
    Quand l'amour vole en éclats, dans ses ajours s'ouvre la porte des rêves ; on vit, on revit à l'infini le merveilleux qui nous a fait vibrer et on s'y accroche pour ne pas sombrer dans les abysses de la folie.

    Merci et beau dimanche

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    1. Bonjour, chère Moun
      Comme c'est poétiquement dit! Superbe! Chacun de tes mots est si parlant et vrai! Merci et Beau dimanche à toi aussi.

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  2. Elle parle bien Moun :) Cher Mokhtar,la séparation d' un être aimé en effet laisse plus de sensations fugaces que de raisonnements comme si notre corps s' autorisait davantage les réminiscences que notre esprit.En tout cas, tu transcendes ta peine en transformant l' absente en idéal, comme le rêve familier de Verlaine.

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  3. Chère Orfeenix, je suis tout à fait d'accord avec toi: Moun a le verbe beau, généreux et chargé pertinemment de grande polysémie. Heureusement, il y a cette possibilité de sublimation qui guérit les blessures de la séparation et les transforme en ce fameux "rêve familier" de Verlaine.

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  4. Qu'ajouter de plus aux mots de ces deux "sentimentales" et amies. Tu as probablement gardé le meilleur de cette rencontre en toi, malgré la douleur.

    Roger

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    1. Cher ami Roger, ce meilleur-là, je suis parvenu à le transformer en poèmes.

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  5. Tu ouvres si doucement la porte de ton coeur à tes mots. Tu sais donner à tes textes des gestes très beaux.Ce texte est plein de douceur.L'étrange alchimie de la douleur ! Amitiés. Astrid

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  6. Merci, chère Astrid, de cette compréhension si balsamique et pour ton appréciation de mon poème. Amitiés.

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