samedi 16 février 2013

La poche de la nuit




Michel Devillers




De ce mur qui pèle,
Jaillira, forcément, un jour,
Un coeur gravé de lumière.

Sur la chaussée mouillée,
Glissent les pneus, tels des reptiles.

Le port est loin
Et le vent fait mal aux dents.

La nuit est une poche
Où vient se lover la dernière luciole.

Des réverbères pliants,
Comme des barbes à papa,
Ont faim de phalènes

Et celui qui apprend à écouter ses pas
Saura, un jour, écouter ses rêves.






© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"



8 commentaires:

  1. Bonjour Mokhtar,
    La nuit ne fait pas que porter conseil, elle est le théâtre des poètes qui frôlent les pavés avec sous leurs semelles des bourrasques de vent, des bourrasques d'amour, des bourrasques de rêves.

    Quand les éléments se déchaînent, les sentiments sont exacerbés et jaillissent en perles de poésie.

    Merci et passe un très beau week-end

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    1. Bonjour, chère Moun,
      Comme c'est bien exprimé avec tant d'empathie et d'expressivité poétique. Merci, poétesse!
      Je te souhaite un merveilleux week-end.

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  2. Bonjour Mokhtar

    Merci pour ce superbe poème chargé d'espoir.
    Un jour le rêve des gazaouis se réalisera, ce mur tombera pour faire jaillir la lumière et la paix !

    Amitiés

    Serge

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    1. Tous les murs ne sont qu'horriblement inutiles et la vraie vocation de l'être humain c'est le pont de l'Amour! Tout comme le mur de Berlin, celui de Gaza tombera inéluctablement, un jour, cher Serge.

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  3. Petite, je pressentais l' aspect tragique des papillons de nuit souvent foudroyés pour avoir voulu approcher de près la lumière,ton poème est apaisant, il rend notre quête nocturne accessible.

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  4. Petite et déjà si sensible! Quelle poétesse précoce! Bienvenue, dans ma nuit, chère Orfeenix. Qu'elle te soit, pour toujours, un grand havre de paix et de joie! On saura protéger les phalènes; peut-être, en nous transformant en réverbères;-)

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  5. Magnifique ! Tu as d'ailleurs choisi une image qui cadre très bien avec le poème !

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  6. Merci de ton appréciation, cher ami Guillaume.

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