samedi 16 mars 2013

Au lait sang de mères





Vassilis Perros




Où boire l’encre d’un texte à peine achevé,
Ma grotte ?

Germez plantes clandestines,
Foyers d’astres et d’émeraudes !

La colombe, en mues, approche le cou de l’assiégée.
Dans le chiffre, elle est dite reine
Alors que l’étendue est faite de galops,
Quand un cri égorgé déchire le ciel
En lambeaux de pétales pleureurs.

Bien au loin,
A la même fulgurance,
Le disque tombe
Et la danse s’évanouit

Mais l’éclair, de son lait,
Fustige l’arc et la flèche du dormeur.

Quel chemin mire alors la lune éclose ?

Au farouche funambule,
Que d’étoiles se dressent
Pour l’envoûter d’une sève des mesures !

Et c’est à cette mer qui cligne
Vers l’envergure,
Vers la brisure,
Que se tendent les frêles membres
Des peurs en couches,
Traîtresses à l’échéance !

Est-ce glaive ?
Est-ce ultime appel ?
Ou n’est-ce que rappel
Du « Je m’y rendrai » promis ?



© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"


7 commentaires:

  1. Tu étends les terreurs nocturnes à l' angoisse universelle de l' homme traqué par son destin, ce texte est sublime, il prend aux tripes.

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  2. Comme tu me comprends, chère Orfeenix!

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  3. Mon ami Mokhtar, ce poème m'a mastiqué mes méninges et mes tripes ont peiné par cette angoisse nocturne dont parle Orfeenix!Au lait comme "Olé"ce sont les vaincus qui trinquent!

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  4. L'ami Bizak, olé,la lutte continue! Le peuple tunisien n'a jamais baissé les bras! A la santé des prochaines victoires!

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  5. Mince, je pensais l'avoir commenté mais non, je suis venue le lire, tenter de le comprendre !
    J'y voyais bien les nuits noires qui exacerbent l'angoisse !
    Est-ce la mère patrie dont tu parles secouée par les évènements dramatiques que l'on connait ?

    En tout cas, tes poèmes ne me laissent pas insensibles et je me dis qu'il n'est pas obligé de tout décortiquer pour apprécier.

    Merci et belle journée

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  6. Superbe chère Moun, sans emphase aucune, tu as très bien saisi le noyau vibratoire du poème: oui, c'est le cri de tous ceux qui ont peur pour notre si belle et douce patrie. Espérons que les esprits se calmeront et entendront les sages conseils de la raison et de l'amour qui rendent toute vie en cohabitation possible loin des violences des exclusives et de toutes formes d'intolérances.
    Et puis, comme tu le sais très bien, il y a toujours une multitude de lectures ouvertes d'un poème, sachant que toute lecture est une réécriture.
    Merci à toi aussi et belle journée

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  7. Angoisse nocturne ? Je suis heureux de ne pas être le seul à avoir vu du... eh bien je ne dirai pas du cauchemar, je dirai du rêve, point ! On sent ce tremblant élèvement. Tu rêves éveillé ! Tu t'exprimes prodigieusement, comme un somnambule.

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