lundi 18 mars 2013

Candomblé de Bahia










Jorge Amado par Gilberto Gomes




Séance de candomblé


                                                                                                             




                                                                                                                                               A Jorge Amado


A ce coq sanglant, que dis-tu Amado ?
Qu’en est-il de l’étoile de Bahia
Echouée dans la fange des favelas ?

Mama parle à Samba
Et Patrice renaît dans les rivages
De ses lourdes lèvres.

Dans ses yeux, le monde se révulse
Et la terre offre ses hymens aux volcans :
Magmas d’âmes !

Dante, convié, tire sur sa pipe d’algues
Et Genet s’amuse à tracer ses emblèmes
Sur les sables de Tanger.

Ce n’est qu’entre deux tonnerres
Que j’aperçois Dali morose, lui, le rose.
Il fixe, pour l’hypnotiser, le ciel.

Les murs suintent de baves de crapauds.
Que dis-tu, donc, Amado,
Dans la fièvre de tes silences?






© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"






12 commentaires:

  1. Amado a su perpétuer avec tous les exilés de Bahia, ce rite qui maintient leurs âmes dans la paix pour survivre à la détresse humaine!

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  2. Cher ami Bizak, tu as tout à fait raison de voir la question sous cet angle-là et je partage ton opinion. J'ajouterai qu'au-delà du fait que Jorge Amado fût oba( une sorte de maître de cérémonie)à vie de candomblé, ce qui m'a plu-et cela se retrouve dans tous ses romans- c'est qu'il a été toujours près des misérables et les a soutenus farouchement contre la dictature de Vargas. Oui, j'aime en lui son humilité et sa proximité avec son peuple avec lequel il était en parfaite symbiose au point qu'il partageait ce rite syncrétique. Concernant mon poème, le condamblé m'a offert un prétexte pour "rencontrer" Amado dans ce moment de transe synesthésique et de lui "parler" parce que, de ma part, je l'estime et apprécie énormément son oeuvre et ce qu'il est.

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  3. Il m' a fallu une remise à niveau , je ne connaissais pas ce héros sud américain ni cette religion proche du panthéisme que ton poème célèbre si bien, merci de m' instruire!

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  4. Oui, chère Orfeenix, ce grand écrivain brésilien qu'est Jorge Amado est un héros à sa manière car ses romans ont toujours été très proches des souffrances de son peuple. Ses romans sont vraiment sublimes. Comme je suis très tolérant , je lui ai rendu hommage, à ma façon. On ne finit jamais d'apprendre.

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  5. Bonsoir Mokhtar,

    Sublimes mots qui touchent en plein cœur.
    J'adore et te remercie, ta prose m'éclaire et m'encourage à m'améliorer.
    Amitiés poétiques qui riment ou parfois oublient

    caro

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  6. Merci, chère Caro, d'apprécier mon poème. Toujours aussi modeste! Bon , c'est vrai, on ne finit jamais d'évoluer comme je le dis dans la prose de mes deux commentaires et toi aussi, je trouve que tu avances toujours d'un poème à l'autre. On se conseille et enrichit toujours mutuellement!

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  7. Bonjour Mokhtar,
    Je ne connaissais pas cet écrivain mais le fait qu'il écrive la misère de ses congénères me comble évidemment.

    Ton poème me donne autant envie de le découvrir ainsi que tes commentaires instructifs.

    Je t'en remercie et te souhaite une belle journée

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  8. Merci, chère Moun. Je suis sûr que ses livres te plairont énormément.
    Belle journée à toi aussi

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  9. Le Printemps des poètes bat son plein et tu l'honores pas ce très beau poème.
    Amicalement.

    Roger

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    1. Merci, cher ami Roger, toi qui comprends tant mon jardin poétique! Que vive notre amitié fondée sur l'ouverture, la tolérance et le droit aux différences!

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  10. Bravo! J'aime le fait que tu incorpores dans un poème tant de personnages. Ça permet de faire d'autant plus immersion dans ta voyance.

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  11. Bienvenu dans ma voyance, cher ami Guillaume! C'est tout un monde enchanté que celui du candomblé et de Jorge Amado!

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