mercredi 6 mars 2013

Zanguet El Koucha (ruelle de la boulangerie)*



Scoubidous




Cela tient  en un cube blanc
Renfermant la nuit
En flammes de papillons.

Une fumée de souvenirs,
Une photo à tiges
Et pétales de visages.


Un pas de danse dans la ruelle
Enveloppée de parfums de pains
Et d’étoiles tatouées sur la peau de ton attente.

L’oiseau s’envole avec la graine de tournesol
Vers le couloir qui s’écoule
Entre ciel et cimetière.

Contre le mur blanc,
Tu confectionnes ton énième scoubidou
Multicolore de tant de mailles.


Ah ! tes arcs-en-ciel !           

Chants que ton chaud silence
Et le voyage de ta chevelure
Offerte avec les herbes au vent !




*Zanguet El Koucha: ruelle de la boulangerie à Mateur ( Tunisie), ma ville natale.






© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"









6 commentaires:

  1. Bonjour Mokhtar,
    Souvenirs d'enfance quand le soleil réchauffait les coeurs et le bon goût du pain les estomacs ?
    J'ai aimé me promener dans ta ruelle de la boulangerie car je sens que ce souvenir-là dépasse de loin les suivants, ceux qui font saigner le coeur.

    Belle journée

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  2. Comme si tu y étais, chère Moun! Quelle sublime sensibilité tu as! Oui, c'est une ruelle qui a beaucoup compté pour moi avec ce parfum vraiment enivrant du pain que chaque famille préparait chez elle et je revois feue ma chère mère en pétrir la pâte, en pensant à ses contes.C'était de sublimes moments, en effet.C'était le temps des scoubidous multicolores du respect des différences et non celui des exclusives ni de l'intolérance qui pointent du nez, mais ça ne réussira pas. Je suis optimiste; cette indigeste pâte de la haine ne passera pas!

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  3. Bonjour Mokhtar,

    Comme ce sont des souvenirs tendres et colorés.
    J'adore la fin si belle de ton poème.
    Je me revois confectionnant au lycée ces scoubidous, mais c'était moins exotique que pour toi, j'en ai retrouvé une boîte entière hier qui était à mes enfants, tu ne veux pas les tresser en rimes, j'ai perdu le mode d'emploi ?
    Amitiés

    caroleone

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  4. Bienvenue, chère Caroleone. Je suis très content que mes souvenirs poétisés t'aient plu.
    C'est une ruelle toute proche de ma rue natale Ennahalia à laquelle j'ai rendu hommage dans un poème intitulé "Ma rue" qui figure dans mon blog. Je penserai à ce mode d'emploi poétisé ;-) Ah! Les scoubidous! Tout un pan magique de mon enfance!

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  5. Particulièrement délectable, ce poème ! Derrière les mots agréablement absurdes, on sent une vive ligne de conduite, comme une très forte colonne vertébrale d'inspiration.

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  6. Cher Guillaume, merci de sentir et comprendre si bien ma poésie. Ta subtile pertinence et ta proximité ontique me touchent énormément.

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