lundi 29 avril 2013

Moi, lisant mon poème "L'émigré"


Vous allez me voir, dans cette vidéo, lisant mon poème "L'émigré"(in "Arpèges sur les ailes de mes ans"), dans le cadre de la première session du festival "Zaghouan (Tunisie) en poésie", fondé par l'éducateur et homme de lettres Ammar Akermi, où j'ai eu le bonheur d'être l'invité d'honneur. Pour pouvoir ouvrir le lien, il faudra , avant, me faire une demande d'ami sur facebook à ce nom: Mokhtar El Amraoui ; juste après mon acceptation, vous aurez le sésame d'ouverture. Je vous convie aussi à visiter ma page "Arpèges de Mokhtar El Amraoui et autres voyages" Merci d'avance.


https://www.facebook.com/photo.php?v=169678999858561&set=vb.100004493851124&type=2&theater

L'émigré

Ommi Yêma Ya Mima !*
Le bateau m’emporte,
Loin de tes yeux enflammés.
La mer me balance,
Loin de tes bras qui tremblent.
Ommi Yêma Ya Mima !
Ils m’ont fouillé,
Jusque dans mes plus petits souvenirs.
Ils me poursuivent,
Jusque dans mes lunes les plus émiettées.
Ommi Yêma Ya Mima !
Ils m’ont ligoté dans leurs citadelles de l’oubli.
Ommi Yêma Ya Mima !
Mes appels qu’ils matraquent,
Dans les asiles de leurs rues.
Mon âge sans repères,
Les cages de mes nuits sans étoiles.
Ommi Yêma Ya Mima !
Ton sourire bleu qui m’obsède,
Qui me précède dans mes cris.
Leurs djinns cravatés,
Leurs cravaches qui se fâchent,
Qui crachent leurs venins de lâches
Qui ne me lâchent, en aucun lieu,
Leurs djinns qui m’arrachent les cheveux
Ommiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Yêmaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
Yaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
Mimaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
Dans mes nuits froides,
Dans mes soupirs sans logis,
Leur ciel, leur ciel est plein de pus !
Je pue, je sue, je suis à moitié nu,
Dans leurs rues qui me tuent !
Ommi Yêma Ya Mima !
Tes yeux humides,
Tes yeux qu’ils fouillent,
Dans ma valise qui grelotte,
Tes yeux qu’ils m’arrachent
De ta photo qui me tient au chaud.
Tu m’appelles,
De mon appel enchaîné
Ommi Yêma Ya Mima !
Le bateau m’emporte,
Comme une feuille endormie !
Ommi !
Leurs syllabes d’inquisiteurs !
Yêma !
Leurs poisons d’affameurs !
Leurs rires moqueurs !
Leurs tours, leurs détours !
Leurs danses de vautours !
Ya !
Mima !
Le retour vers tes cheveux,
Vers tes yeux qui m’attirent,
Comme un aimant, loin d’eux !
Mon râle comprimé !
Ommi Yêma Ya Mima !
Mon ombre qui se brise !
Mon ombre qui s’enlise !
Mon ombre qui se paralyse !
Mon nom que j’oublie,
Dans mon sang qui frémit !
Ma trace que je vomis !
Ommi Yêma Ya Mima !
Mon exil, dans leurs ports !
Leur vie, dans ma mort !
Ommi Yêma Ya Mima !
Le bateau me ramène,
Vers nos rêves assassinés !


* Synonymes, en arabe, de «Ma mère»





© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"







































































vendredi 26 avril 2013

Pastorale


Paysage pastoral Claude lorrain



Aux piaillements des premières lueurs,
Une seule phrase s’entortille,
Autour du bâton pèlerin,
Pour s’emparer de sa peau de sable,
Berger colmaté de rubans de ciel.
Quand il égrène le souffle des étoiles qui roucoulent,
L’oeil se donne aux nuits du monde,
Jusqu’au bonheur d’une larme qui sourit,
Qui fleurit au bout d’un sein tendu
Vers la gloire de la sève
D’une bouche nourrie aux questions.






© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

vendredi 19 avril 2013

Sourires de phares



Le phare vert de Bizerte ( El Bounta )




Ailes ! Îles !
Nectar rêvé dans tes sommeils agités.
Les phares lissent leurs lourdes barbes d’algues et de feu,
Plissent les yeux et tirent sur leurs pipes en bouffées magiques.
Ils sourient aux mouettes reconnues et leur jettent
Des brassées de poissons à moitié morts
Oubliés par des pêcheurs toujours pressés.






© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"



vendredi 12 avril 2013

Paroles de pêcheur









Quand mes narines
Flairent le poisson,
Je perds la raison
Et, lorsque devant mes yeux,
Se dessinent
Les flots des vagues, à l’horizon,
En toute hâte, je rejoins la mer
Fuyant famille et maison !






© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

dimanche 7 avril 2013

Petite fantaisie





Philippe Charpentier




Machine à coudre,
A coudre mes rêves
Mes rêves de soie
De soie de vers,
Cocons coquins
Qu’aucun couturier
Ne pourra habiter
S’il n’est chrysalide.


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"