vendredi 21 juin 2013

Bleus

Mer agitée  Jerem



J’ai vu la mer
Lâcher ses crinières, à l’aube
Et dans l’ébauche de ton regard,
Se bousculer les océans
A se faire de grands bleus de fêtards
Tout divaguant et dansant.


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

mercredi 19 juin 2013

Tien, à jamais!

Benoit Chavaneau


Dans mon exil,
Le ciel de ta voix
Tisse, pour mes pas,
Un horizon infini de voies.

Les si longs silences de mes nuits,
Bercés par ton ombre qui luit,
Ne battent qu’au rythme de tes doux fruits
Qui chassent, de leurs saveurs, tous mes ennuis.

Dessinées au fusain de mon attente,
Sur ta rive chantante,
Tes mains bénissent toutes ces ailes fleuries
Qui s’élèvent des brûlures de mes cris.

« Est-ce un crime de t’aimer ? »
Se demande, dans la fièvre de ses heures agitées,
Mon cœur aux rêves inconsolés.
Il réapprend à voler,
Tel un oiseau libéré,
En admirant les ailes de tes regards étoilés
Où brille encore l’éclat du premier
Qui m’a fait tien, à jamais!


© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes 

samedi 15 juin 2013

La séance



Parler bègue
Comme à l’entrée d’un temple désaffecté
Gagné par l’herbe
Et des chutes de pigeons
Balayant, se balançant,
Une béance de lumière.
Une séance de prières.
De la brèche d’un mur éclair,
Apparaît la fille
Qui époussette un tapis
Lourd de lucioles.
Le paon semble de nouveau y flotter.
Le silence donne de l’envergure à l’attente.
La fille disparaît,
Derrière les saxifrages de son sourire.
Douleur ou ironie ?
La main invisible
Qui vient écosser
Les étoiles et les récitants
(L’autre retour des pigeons),
Dans la régularité de leurs invocations,
Attise le feu central
Et l’espace se tapisse de fleurs.
De la brèche du mur,
Sort la main de la fille
Et le trébuchement de son rire syncopé.
Elle retourne alors
Aux cris pulsations des âmes !


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

jeudi 13 juin 2013

Mon amour






La vérité, pour se dire,
Embrasse tes lèvres.
Le soleil, pour briller,
Doit, chaque jour, se lever,
Des rayons de ton ombre.
Les étoiles, en colliers, se bousculent sans nombre,
Pour venir, assoiffées, boire, à ton cou, les coupes de lumière
Sans lesquelles elles ne  seraient que constellations sombres.
Quand leurs ailes se déploient,
Les oiseaux imitent ta voix,
Pour chanter mon amour pour toi,
Ses peines et ses joies.
Les dunes, en courbes, s’échinent dans tous les sens,
Pour imiter tes hanches qui, à chaque pas, dansent.
Jalouses de toi, toutes les mers, en colère, divaguent
Et des fléaux de leurs vagues,
Fouettent rageusement  les cieux
Qui ont caché, dans l’écrin de tes yeux,
Les diamants  les plus précieux.
Et moi, mon amour,
Depuis toujours,
De tous les joyaux de la terre,
C’est ton cœur que je préfère !





© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes »






samedi 8 juin 2013

Soif





Tantale attend,
Soupirs sans échos,
Dans le tam-tam des bosses incendiées.
Dunes de voyages.
Tantale,
Lèvres aveugles,
Compte l’éclatement des dunes
Sur le dépôt des rides,
Dans le sablier de l’attente.




© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"