samedi 15 juin 2013

La séance



Parler bègue
Comme à l’entrée d’un temple désaffecté
Gagné par l’herbe
Et des chutes de pigeons
Balayant, se balançant,
Une béance de lumière.
Une séance de prières.
De la brèche d’un mur éclair,
Apparaît la fille
Qui époussette un tapis
Lourd de lucioles.
Le paon semble de nouveau y flotter.
Le silence donne de l’envergure à l’attente.
La fille disparaît,
Derrière les saxifrages de son sourire.
Douleur ou ironie ?
La main invisible
Qui vient écosser
Les étoiles et les récitants
(L’autre retour des pigeons),
Dans la régularité de leurs invocations,
Attise le feu central
Et l’espace se tapisse de fleurs.
De la brèche du mur,
Sort la main de la fille
Et le trébuchement de son rire syncopé.
Elle retourne alors
Aux cris pulsations des âmes !


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

6 commentaires:

  1. Ce qui a trait à la spiritualité, et puis la poésie, voilà qui sont deux sources grandioses, et lorsque correctement mises ensemble, ces forces créent un embrasement blanc surnaturel. Tu en fais la magnifique démonstration lors de cette séance spirituelle un peu catastrophée. Ton poème est d'une belle intensité, un épanchement de lumière trouble mais bouillonnante. Yet again, un magnifique ballet de miroirs renvoyant les images les plus vives et les plus diverses. Je ne me lasse pas de lire ce poème.

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  2. Merci et bravo, cher ami poète Guillaume, de sentir de manière aussi empathique et profonde mon poème!

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  3. Tout le plaisir is for me, all the pleasure est mien.

    :-)

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  4. I share all what tu as dit, mon dear ami, Guilaume tel qu'en lui-même!

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  5. Heureuse la coquette qui inspire de tels vers!

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