samedi 27 juillet 2013

Les fleurs de ton sang



Martyr, ton sang a déjà fleuri !
Il avance en millions de poings qui crient
Leur soif d’amour et de liberté pour la chère Tunisie !
Martyr, c’est ton sang qui, de nos veines, jaillit
Pour libérer notre révolution des vautours qui l’ont ravie !
Que chaque vil tyran soit à jamais maudit
Et, s’il en a encore le temps, fuie, puisqu’il n’a pas compris
Que le Tunisien est de liberté, de justice, de dignité épris
Et que pour ces nobles valeurs, il a toujours offert, sans hésiter, sa vie !
Martyr, ton sang bat dans nos coeurs et, d’éternels espoirs, à jamais,luit !

©Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

mercredi 17 juillet 2013

Béton

Caricature trouvée sur le Net



Du béton,
Rien que du béton !
Les mains serrent le béton,
Dans le noir du goudron,
Dans le gris froid,
Le béton a des rides sur le front.
Des pieds géants de béton,
Pas lourds de statues !
Du béton,
Rien que du béton.
Béton carnivore,
Béton qui vomit les passants
Aux coeurs de béton.
Froids de béton,
Chauds de béton,
Soleils de béton,
Lunes de béton,
Etoiles de béton,
Saluts de béton,
Rires de béton,
Ciel de béton,
Mots béton,
Sexes béton,
Rêves de béton,
Rien que du béton !
Du béton plein les villes,
Du béton plein les campagnes,
Du béton plein les coeurs.
Silences de béton,
Ennuis de béton,
Solitudes de béton,
Tombeaux de béton,
Pas proliférant de béton,
Peaux de béton !
Du béton plein les coeurs,
Du béton plein les villes !
Le temps coule,
Comme du mortier,
Vers une mort de béton.
Tu gueules,
Tu cries,
Tu rages,
Tu brandis ton poing,
Rien que du béton !
Ce qu’il faut vraiment,
C’est des bulldozers
Pour casser tout ce béton,
Pour secouer les gueules de béton !
Fouille, creuse,
Au plus profond de toi,
Pour déterrer tes bulldozers !
Ne flanche pas
Car tu en es capable !
Aurais-tu la mélancolie de béton ?
Tu dois l’accoucher, ton bulldozer !
Débride-le !
Ne le dompte pas !
N’en fais pas une poupée de galeries !
Mets-le, donc, sur le tapis,
Comme la dernière carte
Que tu tiens
De tes cinq doigts
Qui tremblent !
Si tu as peur de perdre,
Alors, ravale ta rage
Et n’en parlons plus !
Crève de béton !







© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"







vendredi 12 juillet 2013

A feue Zaaroura, la mendiante de Mateur


Une mendiante Hugues Merle

                                                                                
Je viens,
Sur ta tombe d’argile,
Planter un bouquet de mes veines
Patiemment taillées
Où les oiseaux, en plein hiver,
Réchaufferont leurs froids gosiers
Pour te chanter des symphonies
Qui te feront ressusciter.





© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

dimanche 7 juillet 2013

Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse


Le phénoménal Grand Guillaume nous invitant à voyager dans le futur!




Mes très chères/ chers ami(e)s, comme je suis encore novice dans la blogosphère, je commets souvent des maladresses au niveau des manipulations.  J'ai malencontreusement supprimé l'analyse de mon cher  frère Guillaume Lajeunesse, alors que je voulais l'afficher pour la relire! Heureusement, Guillaume a été adorablement compréhensif avec moi, en m'envoyant de nouveau son approche! La voici, encore une fois. En tout cas, elle gagne toujours à être relue!

Cher Mokhtar !

Comment vas-tu ?


Je viens de terminer la lecture de ton succulent recueil.

Tu as beaucoup de talent. Rimbaud te qualifierait de voyant.

La poésie me fait l'effet d'une drogue (c'est curieux que je dise ça, car je n'en consomme pas). Parfois, l'on peut manier la poésie et lui faire dire ce que l'on veut, en tant que lecteur. Avec ta poésie, c'est impossible : c'est elle qui nous entraîne, nous lance dans un rafting aux vagues bariolées. Dans des manèges psychédéliques ! En ce sens, ta poésie est une très agréable drogue psychédélique.

J'aime bien ouvrir ton recueil, au hasard, et lire un poème. Il y a tant d'images dans tes mots qu'on ne peut les mémoriser ! En ce sens, après une lecture inopinée, je me dis toujours : « Il me semble que je n'avais pas vu ça la dernière fois. Mais qu'est-ce que je viens de voir !... »

Les images les plus diverses s'y succèdent à un rythme vertigineux.

En lisant, j'ai pris des notes, au sujet de quelques poèmes.

Les voici :


Amnésie sioniste

Coutures célestes, doigté du poète. Magnifique esthétique d'une noirceur.


Mon coeur-fanal

Conte enivrant au parfum de brumes et de fleurs !


Le luthiste

Martèlement céleste du poète ! Très fort ! Images, impressions !


Sarbacane d'argent

Belles enjambées musicales, très belles images.


L'enfant-roi

Merveilleux pendentif-poème aux reflets magmatiques.


Coeur perché

Sobre et brûlant.


L'enfant des bidonvilles

Battantes images qui émergent, en rêves spontanés et désarticulés, à la surface de la conscience.


Réveil

Beau looping imaginaire.


Ma rue

Jamais une rue n'aura été corridor aussi organique, salle de musée aux flashs aussi mnésiques, déambulation si esthétique !

Très voyant.

Les relectures montrent des replis neufs qui cachaient d'autres histoires !


Conte en aquarelles

On patine entre les mots, des miroirs plein la tête. Suggestif ? Supra-suggestif ! C'est merveilleux.


En somme, Mokhtar, tu as une langue prismatique à laquelle on se synchronise et qui entraîne loin. Dali en plein trip d'acide.

Toutes mes félicitations, Mokhtar !

Continue à écrire ! Ponds-nous un cortège de nouveaux poèmes ! La poésie brûle au fond du coeur, et les veines ne demandent qu'à devenir rayons !

Bien à toi,

Guillaume






Voici, mes très chères/ chers ami(e)s vos commentaires que j'ai pu récupérer:







Je suis tout à fait d'accord avec toi, chère Orfeenix! sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse
en réponse à La qualité d' un recueil s' estime aussi à la qualité de la lecture, vous êtes excellents tous les deux!, par orfeenix
le 09/06/13
Franchement, cher Giulio, j'ai bien aimé vos deux approches! Merci pour tes encouragements continus. sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse
le 09/06/13
La qualité d' un recueil s' estime aussi à la qualité de la lecture, vous êtes excellents tous les deux! sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse1 réponses
le 09/06/13




Personnellement, je préfère lire en continu, saisir les lies inter-poèmes, les évolutions, les travelling-arrière, qui me permettent d'apprécier le recueil comme un tout, comme le poète qui l'a écrit, avec ses doutes, évolutions, contradictions, inconstances, fidélités, convictions, vallées et sommets, chutes et envols... Bonne chance pour ta lecture demain ! Giulio sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse
Anonyme
le 09/06/13
le 09/06/13
Je suis vraiment très ravi que mes poèmes t'aient plu! Encore une fois, chapeau pour l'approche! sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse
en réponse à C'est moi qui te remercie de m'avoir offert ce magnifique recueil plein à ras bord de ta poésie pétillante !, par Guillaume Lajeunesse
le 08/06/13
C'est moi qui te remercie de m'avoir offert ce magnifique recueil plein à ras bord de ta poésie pétillante ! sur Mes "Arpèges" vus par le poète et nouvelliste Guillaume Lajeunesse1 réponses

lundi 1 juillet 2013

Mon amour






La vérité, pour se dire, 
Embrasse tes lèvres.
Le soleil, pour briller,
Doit, chaque jour, se lever, 
Des rayons de ton ombre.
Les étoiles, en colliers, se bousculent sans nombre,
Pour venir, assoiffées, boire, à ton cou, les coupes de lumière
Sans lesquelles elles ne seraient que constellations sombres.
Quand leurs ailes se déploient,
Les oiseaux imitent ta voix,
Pour chanter mon amour pour toi,
Ses peines et ses joies.
Les dunes, en courbes, s’échinent dans tous les sens,
Pour imiter tes hanches qui, à chaque pas, dansent.
Jalouses de toi, toutes les mers, en colère, divaguent
Et des fléaux de leurs vagues,
Fouettent rageusement les cieux
Qui ont caché, dans l’écrin de tes yeux,
Les diamants les plus précieux.
Et moi, mon amour,
Depuis toujours,
De tous les joyaux de la terre,
C’est ton cœur que je préfère !


© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes »