lundi 26 août 2013

Berceuse pour ma bien-aimée

Hessam Abrishami


Viens dormir, ma douce colombe,
Ma bien-aimée!
Viens voyager,
Toi, mon amour si éreinté !

Je caresserai tes rêves de paix,
Tes cheveux qui racontent
Tant d’années de luttes, tant de veillées !

Laisse ton souffle, qui se libère, me réchauffer
De toutes ses lunes, de tous ses soleils !
Il couvrait tous leurs réveils, tous leurs sommeils,
De baisers, quand ils étaient,
Au milieu de la nuit, si effrayés,
Quand ils se réfugiaient, petits anges,
Dans le nid de tes insomnies, mon ange!

Ta radieuse patience, qui toujours rit,
Leur cachait tes peines et tes soucis.

Viens donc dormir, ma douce colombe,
Ma bien-aimée!

Je bercerai, toutes les nuits,
Ton corps qui a toujours bercé
Tant de vagues d’espoirs portés
Par les ailes de nouveaux fruits,
Ton corps qui cherche, aujourd'hui,
Un doux rivage où se reposer,
Pour se recomposer,
Après les fatigues de tant d'années!

Viens donc dormir, ma douce colombe,
Mon adorée!

Je te bercerai, jusqu’au sourire serein de ton arrivée
Au plus profond de mon cœur qui, jamais, n’a cessé de t’aimer !

© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes" 

mercredi 14 août 2013

Les cris d'une rebelle



à toutes les Tunisiennes qui, le 13 août 2013, ont manifesté, afin de protéger leurs droits! 


Hé toi, infâme, qui te crois roi de la femme, ta proie !
Je te dis qu’aujourd’hui je me libère de ta terreur !
Je sors de ta geôle d’horreurs,
Pour revendiquer mes droits !
Je n’ai plus peur de tes horreurs d’empoisonneur
Ni de tes diktats d’emprisonneur !

Je sors arracher ma part légitime de bonheur !
J’ai décidé de mettre fin à tous mes malheurs !
A partir d’aujourd’hui, je ne veux plus ressentir de frayeur !
J’accoucherai, libre, de toutes mes futures heures
Tout en splendeurs, malgré toi, tyrannique protecteur,
Bien loin de la lourdeur de mes silences en pleurs,
De mes souffrances et interminables douleurs !

Aujourd’hui, c’est la grande heure !
J’ai rendez-vous avec mes ailes !
J’ai décidé de sortir du tunnel !
Je vais manifester, en tout zèle,
Pour te dire que je ne serai jamais ta petite bonniche toute belle
Ni ton caniche, ni ta potiche poubelle !
Pour mon statut de femme libre, je serai à jamais rebelle !

Aujourd’hui, je te confie, petit roi, toutes mes heures
Impayées de nettoyage, de cuisine et de vaisselle !
Tu vas le voir, toi le fort, ce n’est que du sport, rien que du pur bonheur !
Aujourd’hui, je ne veux plus être ton balai, chère idole,
Ni ta serpillière, ni ta gardienne de casseroles !
J’ai décidé d’ôter, à jamais, de ma vie, cette sinistre camisole !
Aujourd’hui, je descends dans la rue, pour casser tous ces vieux rôles,
Pour crier mon droit à l’égalité, au respect et à la parole !
Tu peux te rire de moi, me trouver bien drôle,
Me traiter de folle ou de frivole
Mais c’est décidé ! Pour mes droits, aujourd’hui,
De cette horrible cage, je m’envole !

Si jamais tu changes d’avis
Et acceptes de vivre avec moi, sans ton mépris,
Viens, alors, à mes côtés et hissons ensemble cette banderole
Sur laquelle il est écrit « Liberté, parité et dignité !

© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes »

lundi 12 août 2013

Médutopia

La danse Aly Ben Salem


Quand verrai-je luire,
Dans ces yeux blêmes,
Les feux de la vie ?
Quand verrai-je sortir,
De la nuit noire,
Un chant pacifique de victoire ?
Quand verrai-je
Se pointer, à l’horizon,
Les poings du futur
Et l’espoir noyer les haines et les mépris?
Quand verrai-je passer
Le défilé
Beau,
Gai
Et puissant de la liberté,
En Méditerranée ?
Quand écouterai-je
La musique de la fraternité
Vibrer sur les cordes chaudes du soleil,
Sous les petits doigts
Aux couleurs de l’arc-en-ciel
Des enfants ?

© Mokhtar El Amraoui in « Arpèges sur les ailes de mes ans »

mercredi 7 août 2013

Au rendez-vous du Bardo

Au Bardo, le grand soir historique du mardi 6 août 2014!



On était, là, au Bardo,
On avait, tous, le même âge, 
Celui de notre soif de lumière
Pour t’enlever, chère Tunisie,
L’odieuse muselière
Que veulent t’imposer
Les planteurs de misère,
Les bigots aux fausses prières
Qui se réservent les paradis de leurs châteaux
Et veulent, assassins, jeter, dans l'enfer
De leurs froids caveaux et caniveaux,
Les millénaires de ta grandeur, sublime Tunisie !
On était, là, au Bardo,
Tes filles et tes fils, nous avons, tous, accouru,
En fières houles d’amour pour te sauver, patrie meurtrie !
On avait, tous, ton visage, un seul et même cri d’espoir,
Pour faire briller, de mille feux, le génie de tes gloires
Que veulent enterrer, dans le sang, les fossoyeurs de ta mémoire !
Tu étais là, en nous, grande Tunisie,
Toi, l’éternelle rebelle, l’immortelle amoureuse de la vie !

© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes »