samedi 1 novembre 2014

Espasmes

Arthur Szygulski


Le vent, au loin, fleurit
Dans le pollen des rumeurs.
Les darboukas habillent nos vertiges
De pagnes et de papillons.
La muse, dans les bras d’Eole,
Edifie un pont de guitares,
Entre nos systoles et diastoles.
Un paon floral,
Possédé par la coquetterie du lierre,
S’élance dans les vapeurs montantes
D’une musique
Où se multiplient les étoiles,
Dans le sel luisant,
D’une eau complice.
© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"
La photo est d'Arthur Szygulski

dimanche 19 octobre 2014

Arbre!

 
 
Photo d'Aaron Shaver
 
Tu es toujours là où se confondent 
En verticalité sonore, 
En horizontalité ailée, ton or 
Et l’air donné à la feuille de vie nécessaire, 
Extension vitale pour les pas de nos envols, 
Fraîcheur de tapis déployée en arcs d’accueils 
Où médite l’oiseau 
En ses retours stellaires de danses 
Pour que l’eau puisse encore germer, 
Dans ses silences multicolores, 
Au parfum de nos rencontres. 
Arbre ! Tu nous offres toujours 
Le sang de tes souvenirs 
Et tes nerfs dans les cieux de tes soupirs !
 
© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»
 

lundi 13 octobre 2014

La symphonie errante

Photo d'Eugène Soloviev

Je cherche mes rallonges telluriques,
Mes incommensurables sphères
Dans les dilatations de l'exil,
L'ombre ivre de ma soif
Dans la sècheresse de l'arôme somnambule.
Je cherche mes imprécations
Creusant les sillons du retour
Contre les serres des vautours,
Ton ombre aux aguets
De cet éveil cinglant
Erection du soleil
A la symphonie errante du dromadaire !
Je cherche le râle éclaté
De mes vertèbres lyres en délire,
S'étouffant de leurs notes déportées,
Mes soupirs tonnant de bleus fuyants
Dans l'inatteignable voyage
De ce papillon qui s'éreinte
En poursuites trébuchantes,
Au-delà de ses rêves brisés !
Je rêve de comètes,
D'astres flamboyants,
De méduses lunes
Ouvertures transparentes
Des inextinguibles profondeurs !
Je rêve, muet,
Dans la soif de tes pas,
Sur les sables du voyage
Auquel je t'invite vers les prairies rouges
Et leurs feux bleus !
Ô muse de mon départ !
Astre scintillant
Sur les lèvres ouvertes des vagues !
Il n'y a plus de toits !
Pluie d'encens rouge
Sur tes seins embaumés
Dans le linceul de l'extase des rencontres crépusculaires !
Viens de mes reviens fatigués !
Je te prêterai les ailes immaculées
De mes Icare exilés.
Je te montrerai
L'axe de l'impact pluriel,
L'agonie du cogito carnivore,
Ce manteau d'erreurs spectrales !
Viens !
Accroche-toi aux tiges sans amarres
De cette forêt éclatée !
Reviens de mes viens
Qui valsent dans l'aube
Des intraduisibles fermentations !
Nous écrirons la grandeur du menu moineau
Echeveau des sens triangulés !
Cet azur qui nous appelle
Nous retrace dans nos fibres de nouveau-nés !
Reviens
Au commun des immortelles mésanges assoiffées.
Je te composerai,
Sur le clavier des escaliers,
Une symphonie qui te mène
Jusqu'à mon perchoir d'exilé.


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

vendredi 26 septembre 2014

Evanescences troubles

Nicolas Roemmelt
Astres de nos rêves,
Témoins de nos souvenirs
Et vacillantes présences !
A l’orée des chemins de nos hésitations,
Nous reniez-vous,
Dans nos ultimes rencontres ?
Nous les croyions larges,
Ces étroits passages
Aux grilles à crocs !
Ils nous ont toujours enserrés,
Comme cette fange des rigoles
Laissant crouler
Nos heures de visages,
Lentes processions
De morts effluves
Et mornes regrets,
Vers nos frétillantes nuits de doutes
Assoiffées de clameurs célestes
Et d’arbres berceurs,
Aujourd’hui décapités !
Astres de nos rêves,
Où nous emportez-vous ?

© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"


dimanche 21 septembre 2014

Conte marin

Tableau de Pascal Leroux


Le velours de la mer m’enroule jusqu’à la fleur du sémaphore.

Tu offres le lait de tes roses
Au pendule de la lune.
La mouette, dans son bal,
Invite des bateliers attardés
Que la mémoire des ports n’enchante plus.
Ils rament vers d’autres souvenirs
Sans écailles,
Sans échos,
Epelant un monde toujours nouveau
Et la chair bleue de l’océan
Aux rides de baves
Egrène,
Sous les vents,
Des chapelets de feu,
Le tintamarre des couleurs
Invite à d’étranges cènes
Où les commensaux racontent des fables
Au sang encore chaud.
Et les curieux,
Tels d’habiles phasmes,
Ecoutent, en soupirant,
Ces chants si mélodieux
Qui parlent d’azurs défrichés
Dans des nuits sans boussoles.

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

samedi 6 septembre 2014

Pastorale

Claude Lorrain    Paysage pastoral


Aux piaillements des premières lueurs,

Une seule phrase s’entortille,
Autour du bâton pèlerin,
Pour s’emparer de sa peau de sable,
Berger colmaté de rubans de ciel.
Quand il égrène le souffle des étoiles qui roucoulent,
L’oeil se donne aux nuits du monde,
Jusqu’au bonheur d’une larme qui sourit,
Qui fleurit au bout d’un sein tendu
Vers la gloire de la sève
D’une bouche nourrie aux questions.

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

vendredi 29 août 2014

Cendres errantes

He Yifu
Je traîne mes savates d'algues,
Dans les couloirs ivres
De mes nuits sans étoiles.
L’ailleurs
Où m’attendent mes cohortes d’anges bleus,
Mes miroirs d’oubli,
M’appelle, des ondes assoiffées
Où se consument les symphonies du cristal muet.
Je t’appelle, muse crucifiée !
Allons replanter les jasmins,
Renaître plus loin
Que nos cendres gémissantes,
Que le verbe agonisant,
Retracer les mèches des résurrections.
Répondras-tu à mon appel,
Ange de cire ?
Je t’attendrai aux carrefours des grands départs.

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"



















mardi 19 août 2014

Ma caravane

Photo trouvée sur le Net



Aux quatre points cardinaux de ma souffrance,
De mes rêves fous, de mes soupirs et espérances,
Ma caravane sillonne le désert.
Les pas ivres des dromadaires
Dansent sous les lames chaudes du soleil.
Je parle l’enfer des mains noyées,
Dans le sable carnivore,
La tristesse diluée
Dans le corps fumant d’un ciel que j’explore,
D’un ciel que j’implore! 

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"


mercredi 13 août 2014

Les cris d'une rebelle

Il est écrit "Droits de la femme" sur la banderole.

























Bonne fête à toutes les femmes tunisiennes qui refusent l'esclavage!

Hé toi, infâme, qui te crois roi de la femme, ta proie !
Je te dis qu’aujourd’hui je me libère de ta terreur !
Je sors de ta geôle d’horreurs,
Pour revendiquer mes droits !
Je n’ai plus peur de tes horreurs d’empoisonneur
Ni de tes diktats d’emprisonneur !

Je sors arracher ma part légitime de bonheur !
J’ai décidé de mettre fin à tous mes malheurs !
A partir d’aujourd’hui, je ne veux plus ressentir de frayeur !
J’accoucherai, libre, de toutes mes futures heures
Tout en splendeurs, malgré toi, tyrannique protecteur,
Bien loin de la lourdeur de mes silences en pleurs,
De mes souffrances et interminables douleurs !

Aujourd’hui, c’est la grande heure !
J’ai rendez-vous avec mes ailes !
J’ai décidé de sortir du tunnel !
Je vais manifester, en tout zèle,
Pour te dire que je ne serai jamais ta petite bonniche toute belle
Ni ton caniche, ni ta potiche poubelle !
Pour mon statut de femme libre, je serai à jamais rebelle !

Aujourd’hui, je te confie, petit roi, toutes mes heures
Impayées de nettoyage, de cuisine et de vaisselle !
Tu vas le voir, toi le fort, ce n’est que du sport, rien que du pur bonheur !
Aujourd’hui, je ne veux plus être ton balai, chère idole,
Ni ta serpillière, ni ta gardienne de casseroles !
J’ai décidé d’ôter, à jamais, de ma vie, cette sinistre camisole !
Aujourd’hui, je descends dans la rue, pour casser tous ces vieux rôles,
Pour crier mon droit à l’égalité, au respect et à la parole !
Tu peux te rire de moi, me trouver bien drôle,
Me traiter de folle ou de frivole
Mais c’est décidé ! Pour mes droits, aujourd’hui,
De cette horrible cage, je m’envole !

Si jamais tu changes d’avis
Et acceptes de vivre avec moi, sans ton mépris,
Viens, alors, à mes côtés et hissons ensemble cette banderole
Sur laquelle il est écrit "Liberté, parité et dignité !"

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

dimanche 3 août 2014

Palestinienne!






Je suis Palestinienne !
Bergère des foudres !
Chaque seconde, j’enfante
Tous les millénaires de ma terre
Que je reprendrai,
Dans l’insaisissable lumière
De mon ventre céleste,
Intarissable source des poings
Qui broieront les ténèbres
De vos lâches feux d’assassins !

© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

vendredi 1 août 2014

Enfants de Gaza






Leurs rêves explosés
Cherchaient juste le chant chaud
D'un lait de jasmin
Parfumé par l'éternité
D’un sourire berceur de mère
Eclairée de mille contes
Et caresses allumés!
On n’entend plus
Que l'écho éteint, amer,
De leur sang désarmé
Qui crie dans les matins noirs
De leurs envols assassinés!

© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

vendredi 18 juillet 2014

Les obscurs

Pierre Soulages

Paix aux âmes de nos chers vaillants martyrs! 

Ils ont cousu des linceuls aux mots 
Et tendu leurs pièges aux chants des oiseaux 
Passeurs de lumière.

Ils ont coupé les ailes des étoiles,
Pour en faire des fouets
Contre les cris vrais.

Ils ont taillé les ronces les plus folles
Pour ensanglanter, avec, l’aube des voyageurs
Et crucifier leurs danses d’amoureux.

© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

lundi 7 juillet 2014

Bizerte




Bizerte, ma belle
Aux tresses d’algues, de corail et de nacre !
Bizerte, ma rebelle,
Tes poissons volants
Tracent de leurs rires d’argent
Les arabesques de tes parchemins scintillants
De tant de gloires d’hier et du présent !
Tu es l’envergure généreuse,
Quand tu offres le tapis doré de tes sables
Que chantent toujours toutes les fables !
Bizerte, ma belle rebelle,
Ma sirène de toutes les heures !
Dignement, tu as combattu tes usurpateurs,
Pour préserver loyalement ton honneur.
Mais ce n’est jamais avec haine
Que tu t’es libérée de tes chaînes !
Je t’aime, dans tes jours,
Je t’aime, dans tes nuits,
Moi, le naufragé épris
De tes splendeurs infinies,
A qui tu offres toutes ces si belles années de ma vie !
Tu ne m’abandonnes jamais !
Au plus haut des tonnantes ténèbres,
Tu m’allumes tes étoiles,
Et m’offres les rêveries bleues de tes voiles !
Tu me caresses de tes palmiers altiers
Et me recueilles dans les chauds berceaux de tes barques !
Tu m’habilles de tes murs millénaires dansant
De tant de parfums d’amour et de rires au firmament !
Ta sublime Touta, séraphique mûrier, ton grain de beauté stellaire,
Me rafraîchit par les contes de tant de grand-mères !
Tu m’emportes, dans la symphonie de tes vagues !
Et ta brise, que je reconnaîtrais d’entre mille,
Porte les couleurs, les senteurs,
La colère et le pardon de tes ondes
De malouf ailées !
J’ai tant plané dans les cieux de tes ans de gloire !
Tu n’as jamais daigné maudire
Tous ceux, jaloux, qui ont cru t’assujettir !
Tu as toujours préféré, par ta résistance, en rire !

© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

samedi 5 juillet 2014

Souffle

Illustration trouvée sur le Net




Donne à la glaise des mots
Leur souffle de crépuscule
Et à tes mains leurs ailes des jours.


© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

mercredi 2 juillet 2014

Amusement


Les neuf muses



La muse amusée
S'amuse des âmes usées
Mises au musée.

© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

samedi 28 juin 2014

Retisser mon cri

"Le cri" Edvard Munch
Ton absence ! 
Mon éternel destin ?

Comment déchirer le miroir
Pour réunir nos deux rives ?
Quelle étoile
Saura retisser mon cri
Pour te dire mon visage
Et toutes les questions de mon voyage
Vers toi ?

Quand cueillerons-nous ensemble
Cette fleur céleste
Qui nous nourrira de son lait vrai ?

Ton absence !
Quand nous réveillerons-nous
Au creux de la même barque,
Sur la vague d'un même rire sans fin ?

© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

lundi 16 juin 2014

EYA!

Oeuvre de Galina Poloz

à celle qui fut brûlée vive par son père, pour que cela ne se reproduise plus!


Eya !
Fleur d’amour éprise de vie !
Tu gravis l’échelle de ta soif,
Dans le feu fou d’une lâche barbarie !
Eya !
Tes hurlements feront trembler,
Pour toujours,
Tous les matins,
Toutes les nuits !
Ton souffle, à l’aube,
S’arrachera à ses brûlures et dansera,
Sur cette herbe nouvelle, pour toi, faite tapis,
Sur cette eau d’envol qui luit,
Dans tes larmes d’incomprise,
Dans tes flammes d’amour,
Qui ne seront jamais ensevelies !

© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

Le tableau est de Galina Poloz

dimanche 8 juin 2014

Carton rouge


 à toutes les victimes brésiliennes du Mondial 2014





Samba sang!
Samba sang !
Sang samba 
Pour Saint-Ballon !

Rafales de balles
Et tirs d'obus,
Avant les tirs aux buts,
Pour nettoyer la carte postale !
« C’est  juste carnaval
Qui répète en râles ! »
Disent les marchands de foot-graal.

« Ce ne sont pas des morts,
Tout ce sang, tous ces corps !
Ce ne sont que sous-prolos et clodos
Tirés au triste sort d’un grand dodo,
Shootés saouls, bon sang! ils nous salissent le décor !
On les conduira, pour leur bien, à bon port,
Avant le grand show,
Là où ils logeront, bien au chaud,
Tout au fond des eaux, 
Ces horribles  os sans peaux !
On tirera, malgré tout, une salve en leur honneur,
En visant bien leurs dos,
Pour qu’en dormant, ils rêvent  de bonheur
Et de merveilleux footballeurs
Qui crépitent de pépites d'or idéales,
Afin d'oublier leur faim et les balles
Qu'ils ont au fin fond de leurs cœurs ! »
Assurent les marchands de foot-graal

Samba sang !
Samba sang !
Sang samba !
« Tu l’auras ta sérénité idéale, le Mondial
Et elle sera bien propre, ta carte postale ! »
Rassurent les marchands de foot-graal.

« Il y est ! il y est ! » 
Crieront, toutes les radios, toutes les télés
Qui ne parleront ni de sang ni de râles
Et surtout pas d’argent sale !
Samba sang ! 
Samba sang !
Sang samba !
Tout est bon pour le foot-graal !


© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"




samedi 31 mai 2014

Le souffle des ressacs



Mes très chères/ chers ami(e)s, je vous annonce la naissance officielle de mon nouveau recueil de poésie "Le souffle des ressacs" , puisqu'il a eu son ISBN et je l'ai déclaré à l'Organisme Tunisien de Protection des Droits d'Auteurs. Il sera incessamment dans les rayons des librairies. En voici, comme avant-goût, la couverture. Je tiens à remercier, encore une fois, l'artiste-peintre Valérie Le Merrer qui m'a gentiment autorisé à l'illustrer de son beau tableau.






mardi 22 avril 2014

Belvédère!



Le Belvédère-Tunis


au Belvédère et à ses amis

Eveils chlorophylliens
D’ombres chantant en plumes
Ce que de jours tu écris
Ce que d’amour tu cries
En nectar, en souffle
Et ce qu’en sang tu dis,
Belvédère
A la sève dansante,
Effluves de racines en chants,
Ascension d’ailes,
Bénédictions circulaires
De lumière en feuilles
Seuils d’errances,
Libres transes,
Terre céleste !
Fête de faîtes en toits d’eau sans deuil !
Ciel terrestre enfoui,
Au creux des cimes
De ton cœur si généreux !
Tu nous habilles
De ton écorce rêveuse
Que d’ingrats crocs rêvent d’éteindre !
Mais il y aura toujours,
Belvédère,
Les bras de tes amis pour t’étreindre !

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs »

samedi 12 avril 2014

La sphinxogenèse bleue


Photo trouvée sur le net


Le groom céleste, qui la conduisit

Jusqu'au fil tranchant du funambule,

La tenait, encore graine, dans la paume de sa main.

Lui seul avait chronométré ce jour des hautes conjonctions,

Quand les autres étaient tapis,

Derrière leurs verrous, tout grelottants!

Il criait, en voyant la canne du danseur aveugle

Déchirer l'abîme de l'éclipse:

"Solalune! Solalune! Solalune!"

Quartiers ouverts aux orbes des germinations!

Et la canne d'enfanter ses courbes,

Dans la posture de tant d'éveils.

Princesse bleue, dansez-moi votre inchoative venue!

Ô quenouilles des rencontres!

Tramez de désir,

Chantez à loisir

Cette sphinxogenèse si féline!

C'est d'elle la grande fêlure,

Passage bleu-gris

De constellations habitant leurs maisons,

Aux lancers de nos tarots.

Vole cri, vole,

Jusqu'aux cimes,

Pour la dire,

Cette semence

Ivre de rosée

Qui se souvient de son âme phréatique!

Elle glissera sur les arbres,

Comme un duvet d'épi solaire.

"Elle naît, elle naît!" dirent les bardes.

Clameurs d'élans libres.

Ils l'annoncèrent,

S'offrant dans le parfum

Qui, à jamais, la dessine

Avec cette canne accordéon ouverte en horizons.

Sa danse ailée

Lui rappelait le galop des glaçons

Dans son verre ivre

Du martèlement des gouttes de pluie

Sur le clavier des arbres souriant

En tourbillons feuillus.

Ils l'accueillaient, ELLE,

Se continuant en élytres

De feux d'être,

En élytres de larmes

Eclairant l'eucalyptus de la gare,

Jusqu'au point où la valise du départ

Se posa en bris qui séparent,

En sanglots de mouchoirs

Là où, torride, le vent la reçoit encore,

Sous les toits abandonnés, depuis bien des saxifrages.

Ah! sabliers de mes douleurs,

Tailles de mes silex érigés

En sarments calligraphes!

Récitez-lui vos serments

Pour qu'elle surgisse et revienne de ses mots morts,

Fille bleue grisée d'éclipses!

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs »

jeudi 20 mars 2014

Liberté




Vive la Tunisie libre! Bonne fête de l'indépendance à toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens!


Nulle plainte,
Nul regret,
Si c’est pour toi
Que je meurs
Liberté.
Nul regret,
Nulle plainte,
Tu es le seul chemin du bonheur.
Si l’on meurt pour toi,
La mort n’est plus un malheur
Et tant qu’on vivra par toi,
La vie ne sera plus un leurre.
Liberté
Sans toi, la mort,
Sans toi, la vie
Ne seraient plus qu’erreurs.

©Mokhtar El Amraoui in « Arpèges sur les ailes de mes ans »

dimanche 2 mars 2014

Roses des bivouacs

Delawer

Pour la paix, contre toutes les formes de haine




Sauras-tu être ce pont de lumière
Où étincellera l’étoile des amis,
Pour réveiller en chant
Ce feu d’amour qui, sans cesse, en toi, luit
Mais que, toujours, hélas, tu fuis ?

Jette donc cette horrible chaîne de haine
Qui te souille, à la rouille de l’oubli !
Tu ne t’envoleras jamais, ami,
Si tu ne sais qu’être ennemi !

Sauras-tu libérer les roses des bivouacs en rires
Pour laisser les anges de l’aube fertile frémir
Et planter les champs solaires
De milliers d’arbres frères ?

Leurs racines ont soif de danses.
Chante leurs fruits en transe,
Apprends, de leurs longues nuits,
Comment offrir, à la paix, les nids
D’où s’élèveront, radieuses à la vie,
Les sèves des plus belles symphonies.

Ecoute-les dans le vent te libérer, toutes ravies,
Des épines de la haine qui te crucifient !

©Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»