mardi 22 avril 2014

Belvédère!



Le Belvédère-Tunis


au Belvédère et à ses amis

Eveils chlorophylliens
D’ombres chantant en plumes
Ce que de jours tu écris
Ce que d’amour tu cries
En nectar, en souffle
Et ce qu’en sang tu dis,
Belvédère
A la sève dansante,
Effluves de racines en chants,
Ascension d’ailes,
Bénédictions circulaires
De lumière en feuilles
Seuils d’errances,
Libres transes,
Terre céleste !
Fête de faîtes en toits d’eau sans deuil !
Ciel terrestre enfoui,
Au creux des cimes
De ton cœur si généreux !
Tu nous habilles
De ton écorce rêveuse
Que d’ingrats crocs rêvent d’éteindre !
Mais il y aura toujours,
Belvédère,
Les bras de tes amis pour t’étreindre !

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs »

samedi 12 avril 2014

La sphinxogenèse bleue


Photo trouvée sur le net


Le groom céleste, qui la conduisit

Jusqu'au fil tranchant du funambule,

La tenait, encore graine, dans la paume de sa main.

Lui seul avait chronométré ce jour des hautes conjonctions,

Quand les autres étaient tapis,

Derrière leurs verrous, tout grelottants!

Il criait, en voyant la canne du danseur aveugle

Déchirer l'abîme de l'éclipse:

"Solalune! Solalune! Solalune!"

Quartiers ouverts aux orbes des germinations!

Et la canne d'enfanter ses courbes,

Dans la posture de tant d'éveils.

Princesse bleue, dansez-moi votre inchoative venue!

Ô quenouilles des rencontres!

Tramez de désir,

Chantez à loisir

Cette sphinxogenèse si féline!

C'est d'elle la grande fêlure,

Passage bleu-gris

De constellations habitant leurs maisons,

Aux lancers de nos tarots.

Vole cri, vole,

Jusqu'aux cimes,

Pour la dire,

Cette semence

Ivre de rosée

Qui se souvient de son âme phréatique!

Elle glissera sur les arbres,

Comme un duvet d'épi solaire.

"Elle naît, elle naît!" dirent les bardes.

Clameurs d'élans libres.

Ils l'annoncèrent,

S'offrant dans le parfum

Qui, à jamais, la dessine

Avec cette canne accordéon ouverte en horizons.

Sa danse ailée

Lui rappelait le galop des glaçons

Dans son verre ivre

Du martèlement des gouttes de pluie

Sur le clavier des arbres souriant

En tourbillons feuillus.

Ils l'accueillaient, ELLE,

Se continuant en élytres

De feux d'être,

En élytres de larmes

Eclairant l'eucalyptus de la gare,

Jusqu'au point où la valise du départ

Se posa en bris qui séparent,

En sanglots de mouchoirs

Là où, torride, le vent la reçoit encore,

Sous les toits abandonnés, depuis bien des saxifrages.

Ah! sabliers de mes douleurs,

Tailles de mes silex érigés

En sarments calligraphes!

Récitez-lui vos serments

Pour qu'elle surgisse et revienne de ses mots morts,

Fille bleue grisée d'éclipses!

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs »