samedi 28 juin 2014

Retisser mon cri

"Le cri" Edvard Munch
Ton absence ! 
Mon éternel destin ?

Comment déchirer le miroir
Pour réunir nos deux rives ?
Quelle étoile
Saura retisser mon cri
Pour te dire mon visage
Et toutes les questions de mon voyage
Vers toi ?

Quand cueillerons-nous ensemble
Cette fleur céleste
Qui nous nourrira de son lait vrai ?

Ton absence !
Quand nous réveillerons-nous
Au creux de la même barque,
Sur la vague d'un même rire sans fin ?

© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

lundi 16 juin 2014

EYA!

Oeuvre de Galina Poloz

à celle qui fut brûlée vive par son père, pour que cela ne se reproduise plus!


Eya !
Fleur d’amour éprise de vie !
Tu gravis l’échelle de ta soif,
Dans le feu fou d’une lâche barbarie !
Eya !
Tes hurlements feront trembler,
Pour toujours,
Tous les matins,
Toutes les nuits !
Ton souffle, à l’aube,
S’arrachera à ses brûlures et dansera,
Sur cette herbe nouvelle, pour toi, faite tapis,
Sur cette eau d’envol qui luit,
Dans tes larmes d’incomprise,
Dans tes flammes d’amour,
Qui ne seront jamais ensevelies !

© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

Le tableau est de Galina Poloz

dimanche 8 juin 2014

Carton rouge


 à toutes les victimes brésiliennes du Mondial 2014





Samba sang!
Samba sang !
Sang samba 
Pour Saint-Ballon !

Rafales de balles
Et tirs d'obus,
Avant les tirs aux buts,
Pour nettoyer la carte postale !
« C’est  juste carnaval
Qui répète en râles ! »
Disent les marchands de foot-graal.

« Ce ne sont pas des morts,
Tout ce sang, tous ces corps !
Ce ne sont que sous-prolos et clodos
Tirés au triste sort d’un grand dodo,
Shootés saouls, bon sang! ils nous salissent le décor !
On les conduira, pour leur bien, à bon port,
Avant le grand show,
Là où ils logeront, bien au chaud,
Tout au fond des eaux, 
Ces horribles  os sans peaux !
On tirera, malgré tout, une salve en leur honneur,
En visant bien leurs dos,
Pour qu’en dormant, ils rêvent  de bonheur
Et de merveilleux footballeurs
Qui crépitent de pépites d'or idéales,
Afin d'oublier leur faim et les balles
Qu'ils ont au fin fond de leurs cœurs ! »
Assurent les marchands de foot-graal

Samba sang !
Samba sang !
Sang samba !
« Tu l’auras ta sérénité idéale, le Mondial
Et elle sera bien propre, ta carte postale ! »
Rassurent les marchands de foot-graal.

« Il y est ! il y est ! » 
Crieront, toutes les radios, toutes les télés
Qui ne parleront ni de sang ni de râles
Et surtout pas d’argent sale !
Samba sang ! 
Samba sang !
Sang samba !
Tout est bon pour le foot-graal !


© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"