dimanche 27 décembre 2015

Nature morte à Wounded Knee*

 
Fosse commune des Sioux lâchement massacrés
 
 
 
Sioux
 
 
à la mémoire des Indiens d'Amérique qui ont été massacrés
Roses !
Pollen sur mon mât ivre,
Dessinant des nuées de mouettes,
Dans les tracés brumeux de mes mille pôles sans repères.
Les poissons ont mangé la boussole,
Christophe n’a plus rien à découvrir !
Rien !
Seulement un mensonge !
Le culte ensanglanté d’une erreur !
Naturalisation de la mort en sèves de vie.
Le carbone roi et la poudre ivre
Déplument mon poème à Wounded Knee !
Poudre ivre, images brisées des faces tatouées de squaws !
L’aventure du tic-tac de verre,
Cette laisse royale qui a traversé l’océan de mon histoire
Pour être mise à mon cou de libre Sioux !
Ce voyage, expédition financée de gras pesetas !
Bien avant moi, il y a les Aztèques
Et cet astronome bourré de chimie, dans l’asile !
Avant moi, il y a moi crevant sous mes propres flèches
Et le sang vert de la fleur sauvage.
Natures mortes,
Mort de l’usage,
Mort du fou rire
Qui abattait bisons et volcans.
Il y a mon totem qui vomit au musée,
Ma femme dénudée à coups de crosses,
A coups de pistolets,
Devant les caméras des touristes excités.
Têtes d’hyènes,
Palais et bureaux des grammaires indigènes !
ll y a moi, dans ma mort,
Au creux de leurs miroirs zoologiques,
De leurs livres trafiqués craquant de contre-vérités,
De leurs geôles, de leurs colonnes de guêpes
Aux dards de métal
Eclatant la peau rose de mon étalon soleil !
ll y a moi cadenassé dans les réserves
De leurs banquets d’impitoyables banquiers
ll y a moi,
Mon aube incendiée, dans les tentes
Et l’aigle délogé
Qui s’enivre dans de boueux clapiers !
L’aigle déplumé, chassé
Des montagnes d’or
Qui dort, ivre-mort, dans cette réserve,
Loin des réservoirs de pétrole,
Ma desénergie !
Moi qui me saoulait de soleil,
Moi qui lisait l’ardeur multicolore
De mon rouge carquois, mon poème !
© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"
*A Wounded Knee, le 29 décembre 1890, entre 300 et 350 Indiens ont été sauvagement massacrés par l'armée américaine.

mardi 15 décembre 2015

Enfants de Gaza



Leurs rêves explosés

Cherchaient juste le chant chaud
D'un lait de jasmin
Parfumé par l'éternité
D’un sourire berceur de mère
Eclairée de mille contes
Et caresses allumés!
On n’entend plus
Que l'écho éteint, amer,
De leur sang désarmé
Qui crie dans les matins noirs
De leurs envols assassinés!

© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

jeudi 26 novembre 2015

Les fleurs de ton sang








Martyr, ton sang a déjà fleuri !
Il avance en millions de poings qui crient
Leur soif d’amour et de liberté pour la chère Tunisie !
Martyr, c’est ton sang qui, de nos veines, jaillit
Pour libérer notre révolution des vautours qui l’ont ravie !
Que chaque vil tyran soit à jamais maudit
Et, s’il en a encore le temps, fuie, puisqu’il n’a pas compris
Que le Tunisien est de liberté, de justice, de dignité épris
Et que pour ces nobles valeurs, il a toujours offert, sans hésiter, sa vie !
Martyr, ton sang bat dans nos coeurs et, d’éternels espoirs, à jamais,luit !

©Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

mardi 17 novembre 2015

Les obscurs

Pierre Soulages
 
Paix aux âmes des victimes de l'obscurantisme
Ils ont cousu des linceuls aux mots 
Et tendu leurs pièges aux chants des oiseaux 
Passeurs de lumière.
Ils ont coupé les ailes des étoiles,
Pour en faire des fouets
Contre les cris vrais.
Ils ont taillé les ronces les plus folles
Pour ensanglanter, avec, l’aube des voyageurs
Et crucifier leurs danses d’amoureux.
© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"
 

mardi 3 novembre 2015

Retisser mon cri

























        Ton absence !
        Mon éternel destin ?

        Comment déchirer le miroir
        Pour réunir nos deux rives ?
        Quelle étoile
        Saura retisser mon cri
        Pour te dire mon visage
        Et toutes les questions de mon voyage
        Vers toi ?
        Quand cueillerons-nous ensemble
        Cette fleur céleste
        Qui nous nourrira de son lait vrai ?
        Ton absence !
        Quand nous réveillerons-nous
        Au creux de la même barque,
        Sur la vague d'un même rire sans fin ?
        © Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

vendredi 30 octobre 2015

La sphinxogenèse bleue

Trouvé sur le Net



Le groom céleste, qui la conduisit
Jusqu'au fil tranchant du funambule,
La tenait, encore graine, dans la paume de sa main
Lui seul avait chronométré ce jour des hautes conjonctions,
Quand les autres étaient tapis,
Derrière leurs verrous, tout grelottants!
Il criait, en voyant la canne du danseur aveugle
Déchirer l'abîme de l'éclipse:
"Solalune! Solalune! Solalune!"
Quartiers ouverts aux orbes des germinations!
Et la canne d'enfanter ses courbes,
Dans la posture de tant d'éveils.
Princesse bleue, dansez-moi votre inchoative venue!
Ô quenouilles des rencontres!
Tramez de désir,
Chantez à loisir
Cette sphinxogenèse si féline!
C'est d'elle la grande fêlure,
Passage bleu-gris
De constellations habitant leurs maisons,
Aux lancers de nos tarots.
Vole cri, vole,
Jusqu'aux cimes,
Pour la dire,
Cette semence
Ivre de rosée
Qui se souvient de son âme phréatique!
Elle glissera sur les arbres,
Comme un duvet d'épi solaire.
"Elle naît, elle naît!" dirent les bardes.
Clameurs d'élans libres.
Ils l'annoncèrent,
S'offrant dans le parfum
Qui, à jamais, la dessine
Avec cette canne accordéon ouverte en horizons.
Sa danse ailée
Lui rappelait le galop des glaçons
Dans son verre ivre
Du martèlement des gouttes de pluie
Sur le clavier des arbres souriant
En tourbillons feuillus.
Ils l'accueillaient, ELLE,
Se continuant en élytres
De feux d'être,
En élytres de larmes
Eclairant l'eucalyptus de la gare,
Jusqu'au point où la valise du départ
Se posa en bris qui séparent,
En sanglots de mouchoirs
Là où, torride, le vent la reçoit encore,
Sous les toits abandonnés, depuis bien des saxifrages.
Ah! sabliers de mes douleurs,
Tailles de mes silex érigés
En sarments calligraphes!
Récitez-lui vos serments
Pour qu'elle surgisse et revienne de ses mots morts,
Fille bleue grisée d'éclipses!


© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs »

lundi 12 octobre 2015

Berceuse pour ma bien-aimée

Hessam Abrishami

Viens dormir, ma douce colombe,
Ma bien-aimée!
Viens voyager,
Toi, mon amour si éreinté !

Je caresserai tes rêves de paix,
Tes cheveux qui racontent
Tant d’années de luttes, tant de veillées !

Laisse ton souffle, qui se libère, me réchauffer
De toutes ses lunes, de tous ses soleils !
Il couvrait tous leurs réveils, tous leurs sommeils,
De baisers, quand ils étaient,
Au milieu de la nuit, si effrayés,
Quand ils se réfugiaient, petits anges,
Dans le nid de tes insomnies, mon ange!

Ta radieuse patience, qui toujours rit,
Leur cachait tes peines et tes soucis.

Viens donc dormir, ma douce colombe,
Ma bien-aimée!

Je bercerai, toutes les nuits,
Ton corps qui a toujours bercé
Tant de vagues d’espoirs portés
Par les ailes de nouveaux fruits,
Ton corps qui cherche, aujourd'hui,
Un doux rivage où se reposer,
Pour se recomposer,
Après les fatigues de tant d'années!

Viens donc dormir, ma douce colombe,
Mon adorée!

Je te bercerai, jusqu’au sourire serein de ton arrivée
Au plus profond de mon cœur qui, jamais, n’a cessé de t’aimer !

© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes" 

mercredi 23 septembre 2015

Bêle et tais-toi!

    Jean-Luc Cornec


    Aujourd’hui, en toute liberté, je bêle.
    Toute la famille est fière de mes décibels.
    On me chouchoute, on me caresse, on me choie
    Surtout les enfants, ils me sont bien fidèles.
    Dans les quartiers, je suis leur fierté et joie,
    Leur superbe mouton de premier choix,
    Avant que toute la famille, demain
    Avec ses couteaux bien aiguisés,
    En se frottant les mains, ne me déchoie,
    Avant d’être découpé en steaks, cœur, abats,
    Tripes, côtelettes et tranches de foie.
    En aucun cas, même haché, je ne serai leur rabat-joie,
    Puisqu’ils disent que c’est affaire de foi !
    En tout cas, ils m’ont bien gavé d’herbe et de paille
    Alors bon sang, que je bêle !
    A quoi bon faire le rebelle ?
    Si je me retrouve grillades de barbecue et plats de ripaille,
    Je peux même dire que je l’ai échappé belle
    Car, en me dégustant ainsi, mes chers amis m’honorent,
    En rappelant surtout, entre pets et rots, mon prix d’or,
    En gueulant, tout fiers, tout haut et fort :
    « On lui a bien tâté le cou et le derrière
    On a comparé son coût et sa chair
    A ceux de son cousin de l’année dernière ;
    Il est bien plus cher, bien mieux en chair ! »
    N’est-ce pas trophée que de me retrouver festin ?
    Pourrais-je donc avoir meilleur destin ?
    D’ailleurs, même pour les impies,
    Je serai délicieuse kémia d’apéro !
    Grâce à moi et mes gigots,
    Qu’on soit gaucho ou frérot,
    Riche ou prolo endetté jusqu’aux os,
    C’est la fiesta dont je suis le héros!
    Alors, bon sang, bêle et tais-toi !
    Ne pense plus ni aux plateaux,
    Ni aux frigos, ni aux caniveaux!

    Le 23/ 9 / 2015
    © Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

mercredi 16 septembre 2015

La dame épique






    Merci de votre humanisme, Madame!


    La dame éreintée
    S’essoufflait pour relever
    L’homme jeté sur la chaussée !
    Il était paralysé !
    Il gémissait !
    Sa chaise roulante renversée,
    Seuls, ses yeux bougeaient
    Il la remerciait
    De toutes ses blessures ensanglantées !
    Elle suait, haletait, étouffée !
    De ses douces mains,
    De ses si fragiles bras,
    Elle tentait de le soulever !
    Tous les automobilistes,
    Horribles centaures de feu et d’acier,
    Ne cessaient, tout haineux, de Klaxonner !
    Insultants, ils pestaient, rageaient,
    Voulant, à tout prix, accélérer !
    L’ange, ce cher ange, se démenait pour soulever
    Cet homme, de tous, abandonné !
    Elle était merveilleuse, cette noble dame,
    Face à tous ces vociférants sans âme !
    Seule, elle a tout fait pour sauver
    Cet humain en danger
    Et, en son for intérieur, pleurait,
    S’étonnant de la mort de toute humanité !

    Le 16/9/ 2015
    © Mokhtar El Amraoui

jeudi 3 septembre 2015

Ma mère crie que je vis!




Ma mère crie que je vis, que je ris !
Ma mère entend son nom
Dans le mien que je crie !
Ma mère prie pour me revoir en vie.

Elle supplie la mer de m’être mère
Elle lui demande de nous pardonner notre misère
Et lui explique ce qu’est une guerre,
Que nous sortons d’un cimetière,
En caressant ses folles vagues sans lumières,
En lui criant la couleur de mes yeux,
Le parfum de mes rêves et celui de mes cheveux !
Elle lui demande de me bercer le corps et de se taire,
De se faire terre sans barbares incendiaires
Pour que je puisse dormir dans ses bras ailés
Qui lui tendent, en les embrassant, mes jouets.
Ma mère crie que je vis,
Ma mère crie que je ris,
Ma mère crie!


Le 03 septembre 2015
© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

lundi 24 août 2015

Parfum de couleurs


 Merci,grande dame des couleurs!


Pourquoi, humain, ne voudrais-tu être 
Que froide et laide nuit
Alors qu’au fond de toi
Le plus beau des printemps gît ?


Laisse-le te chanter tes plus belles couleurs
Et parfumer de tes mains
Le merveilleux cours de tes heures !

Offre-toi donc tes plus beaux jardins
Que tu étouffes de tes propres mains
Qui ne savent plus, assassin,
Que tuer tous les matins,
Tout arbre, toute fleur, sur ton chemin!

Serais-tu donc né, humain,
Pour vivre dans la laideur, dans la puanteur ?
Serait-ce là, inhumain, ton destin ?

Le 24/8/2015
© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

dimanche 12 juillet 2015

Conte marin


    Van Gogh


    Tu offres le lait de tes roses
    Au pendule de la lune.
    La mouette, dans son bal,
    Invite des bateliers attardés
    Que la mémoire des ports n’enchante plus.
    Ils rament vers d’autres souvenirs
    Sans écailles,
    Sans échos,
    Epelant un monde toujours nouveau
    Et la chair bleue de l’océan
    Aux rides de baves
    Egrène,
    Sous les vents,
    Des chapelets de feu,
    Le tintamarre des couleurs
    Invite à d’étranges cènes
    Où les commensaux racontent des fables
    Au sang encore chaud.
    Et les curieux,
    Tels d’habiles phasmes,
    Ecoutent, en soupirant,
    Ces chants si mélodieux
    Qui parlent d’azurs défrichés
    Dans des nuits sans boussoles.

    © Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

mardi 7 juillet 2015

Les radeaux bleus



Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, Il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves célestes enfouies,
Pour nous offrir des parchemins
Qui redonnent leurs couleurs
A nos baisers, à nos cœurs, à nos mains
Et, à nos caresses, leurs fruits
De pinceaux en fleurs,
En échos d’appels à nos amours bleuies,
En rouleaux d’immenses cieux
Tantôt joyeux, tantôt meurtris,
Tantôt radieux, tantôt gris
Où se retrouvent les pleurs
Et les rires de nos yeux,
Entre enfer et paradis,
Entre agonie et tableaux bleus,
Radeaux de survie !
Il est des heures, Il est des cris,
Il est des jours, il est des nuits
Où le sang revient à ses rêves de mer,
A ses sèves terrestres enfouies,
Où les couleurs, pour le grand bleu,
De mille feux, rechantent la vie !

©Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs "
Photo trouvée sur le Net

samedi 27 juin 2015

Morte étoile



    Michel Devillers
    Ce jour-là, 
    Les vagues rejetèrent la palette. 
    Seule la dune bougea, 
    Offusquée.
    Les barbares rirent
    Et crachèrent
    Les dernières étoiles
    Comme des dents ensanglantées.
    Les rivières des souvenirs
    Charriaient leurs mort-nés
    Enveloppés de haine et de couteaux.
    Les leçons des méandres reprirent
    Sous les mottes des glaises
    Et les mots d’amours suspendues
    Aux hanches de nuits
    Aux origines des pas
    Reprirent les couleurs des regrets,
    Squelettes sifflant d’azurs las
    Et d’ouragans fanés.
    Lunes écossées,
    Jours déshabillés de solaire solitude,
    L’incarcération de l’incinérée toile,
    Morte étoile !

    © Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

vendredi 12 juin 2015

Le chant de mon oud


Le tableau est de South Hall Joseph Edward


Sauras-tu écouter,
Sur le fil tendu éperdu des heures,
Mon oud fêlé, qui pour toi,
S’habille de mille feux d’oiseaux d’oueds ?
Je te viens, de bien loin, te dire, de mon levant
En courbes, le sang fatigué,
Pourtant, tant enchanté de mon attente,
De mon inextinguible soif
Qui boit à la Seine de tes courbes assoiffées
Et aux galbes dressés de tes seins parfumés
Par tant de désir retenu, détenu
Qui veut exploser et tuer ces inutiles morts lentes !
Pourquoi ne suis-tu pas les pas de nos pas qui nous dansent ?
Ecoute, donc, tout ce bois, toutes ces cordes,
Qui en nous, qui par nous, qui pour nous
Se font chair,
Se font voix,
De nos chairs,
De nos voix,
Voix de nos chairs,
Chairs de nos voix
Et renaissent à leur quintessence,
Sans peines ni souffrances,
De fontaine t’attendant, en stances
Se tendant, s’étendant
En oud, en ses pleurs fous d’incompris, en ses fleurs
S’offrant aux feux de tes lèvres,
A la chaude rosée printanière de tes seins qui ont soif,
Roucoulant à quatre mains tous ces jasmins en éclairs
Si lactés convolant en justes notes égarées
Puis retrouvées en fugues mineures, en fugues majeures égayées
Loin de toute frayeur, reniant les blêmes torpeurs,
En volutes fulminant de cris d’aimer tapageurs
De gémir, de soupirs, de complaintes et de bonheur
Dits dans nos couleurs d’après silences et douleurs,
En fusions enivrées de danseurs !
Ecoute-le, mon oud, prendre en ailes
Tes furtifs sourires d’apeurée
Pour les faire planer
Sur les plus hautes cimes des extases éclatées !
Ris-toi, mais ris-toi, donc, de ces cendres
Qui veulent étouffer les chaudes braises
De ton corps qui brûle dans cette geôle
Qui assassine ta liberté et ses radieux envols !
Ecoute-le, mon oud, mon cœur,
Te chanter en odes, toi qui l’as charmé :
« Ceins tes seins des lauriers de tes trophées
Qui méritent leur chemin de volupté,
Pour laisser fleurir, à jamais, l’or
De ce splendide bonheur,
Le sublime droit d’aimer ! »

© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

mercredi 29 avril 2015

Amour




    Je t’aime, 
    Comme une caravane de nuages
    Flambant au crépuscule !
    Je t’aime,
    Quand mon ombre s’allume
    Sur les tiges des réverbères !
    Je t’aime,
    Quand les mouchoirs tombent,
    A l’automne des départs !

                                                                                                                                             
    © Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"
    Photo trouvée sur le Net
                                                                              

samedi 18 avril 2015

Fusion

    Luis Gorgonio

    Je marche vers toi,
    Sur le tapis de cendres
    Des pigeons sacrifiés.
    Je tends ma main avec toi
    Vers le nombril éteint de la lune éclatée.
    Je viens à toi
    Pour fondre dans les flammes de nos soleils
    Grimpant
    Jusqu’à la dernière goutte de sang de nos rosées.

    © Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"



samedi 7 mars 2015

Femmes!





      Bonne fête à toutes les Femmes qui sont contre l'esclavage des Femmes!

    L'impossible ne peut être femmes!
    Nous aurons toujours la taille de nos rêves !

    Nous rejoindrons, de notre florale impatience,
    Dans la lumière de nos espérances,
    Le suc flamboyant des étoiles
    Et le rire assourdissant des dansantes comètes !
    Nos fièvres habillées des houles des naissances
    Nous offriront, comme toujours, tout ce temps
    Pour tisser, dans nos profondeurs ailées,
    Tous ces fruits volants de l’amour
    Qui naissent et s’abritent au creux de nos reins,
    En amples saisons tracées au miel des matins,
    S’élevant des caresses de nos mains !
    Femmes !
    Flammes d’amour et de paix!
    Ecrites par tous les éléments,
    Nous réchauffons, de nos racines,
    Toutes ces tiges d'or qui poussent
    Couronnées, dans la mousse de nos rêves,
    Par les ascendantes douces gerbes ailées de notre sève!
    Femmes!
    Le possible est aussi femmes!
    © Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

mercredi 25 février 2015

Abou El Kacem Chebbi, auguste séraphin!




    à toi, pour fêter l’anniversaire de ta naissance, le 24 février 1909


    Tu savais les cris 
    Des souffrances,
    En leurs chemins de nuit,
    Chants infinis
    De cieux avançant
    Sang mûr,
    Feux sûrs,
    Pures roses
    De poings flambant
    De mots d’aubes roses
    Déchirant tout sombre,
    Tout injuste silence morose !

    Tu savais les étoiles
    Dansant en verbes,
    En gerbes de foudres
    Grondant de vérités écloses !
    Tu les leur disais,
    Abou El Kacem !
    Tu les leur chantais, Chebbi,
    Tous ces perfides cracheurs
    Ensevelis dans la peur
    De leurs lâches oui grégaires
    De si lourds et bas larbins
    Bien plus proches
    De roches qu’humains,
    Ne sachant que brouter,
    Roter, ramper,
    Crotter, lapider !
    Ils ne te furent que vil venin
    Usant jusqu’à poussière
    Leurs serviles genoux
    Marchepieds de colonisés fanés
    Osant te traiter de fou
    Toi qui tutoyais
    Les forges du destin !
    Mais tu te riais,
    Quand eux criaient,
    De leur fange
    Et boue de gredins !
    Toutes ces hordes d’assassins
    Voulaient offrir en festin
    Le génie de tes tonnants parchemins
    A toutes les couronnes
    Puantes, pétantes,
    Amputantes
    De royaux boyaux
    Soumis loyaux
    A leurs maîtres ès caniveaux
    Putrides intestins
    Explosant de faux sans âmes,
    En faux vociférant de lames,
    Rien qu’une lie d’infâmes
    Fous et de mesquins
    Croyant pouvoir éteindre
    Les tonitruantes flammes
    D’un peuple qui parvint à étreindre,
    Sans peur ni larmes, son destin !
    Mais toi, Abou El Kacem,
    Fils d’indomptables aigles Chebbi,
    Ami des fières palmes,
    Compagnon de rêves
    Des merveilleuses gazelles ailées,
    Tu sus,
    En sublime auguste séraphin,
    Dire le soleil des aigles qui luit,
    Au creux ensanglantés des cris
    Qui voulaient, à tout prix,
    Abolir, pour toujours,
    Tout joug, toute nuit !
    Tu pus gravir, épris,
    Les cimes lumineuses
    Enceintes de merveilleux
    Nouveaux matins
    Explosant en majestueuses
    Douces et furieuses
    Mélodies, tes indomptables chants de vie
    A jamais acclamés,
    A jamais déclamés,
    Par le destin !
    © Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

vendredi 30 janvier 2015

PALESTINIENNE!




    Je suis Palestinienne !

    Bergère des foudres !
    Chaque seconde, j’enfante
    Tous les millénaires de ma terre
    Que je reprendrai,
    Dans l’insaisissable lumière
    De mon ventre céleste,
    Intarissable source des poings
    Qui broieront les ténèbres
    De vos lâches feux d’assassins !

    © Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"