mercredi 25 février 2015

Abou El Kacem Chebbi, auguste séraphin!




    à toi, pour fêter l’anniversaire de ta naissance, le 24 février 1909


    Tu savais les cris 
    Des souffrances,
    En leurs chemins de nuit,
    Chants infinis
    De cieux avançant
    Sang mûr,
    Feux sûrs,
    Pures roses
    De poings flambant
    De mots d’aubes roses
    Déchirant tout sombre,
    Tout injuste silence morose !

    Tu savais les étoiles
    Dansant en verbes,
    En gerbes de foudres
    Grondant de vérités écloses !
    Tu les leur disais,
    Abou El Kacem !
    Tu les leur chantais, Chebbi,
    Tous ces perfides cracheurs
    Ensevelis dans la peur
    De leurs lâches oui grégaires
    De si lourds et bas larbins
    Bien plus proches
    De roches qu’humains,
    Ne sachant que brouter,
    Roter, ramper,
    Crotter, lapider !
    Ils ne te furent que vil venin
    Usant jusqu’à poussière
    Leurs serviles genoux
    Marchepieds de colonisés fanés
    Osant te traiter de fou
    Toi qui tutoyais
    Les forges du destin !
    Mais tu te riais,
    Quand eux criaient,
    De leur fange
    Et boue de gredins !
    Toutes ces hordes d’assassins
    Voulaient offrir en festin
    Le génie de tes tonnants parchemins
    A toutes les couronnes
    Puantes, pétantes,
    Amputantes
    De royaux boyaux
    Soumis loyaux
    A leurs maîtres ès caniveaux
    Putrides intestins
    Explosant de faux sans âmes,
    En faux vociférant de lames,
    Rien qu’une lie d’infâmes
    Fous et de mesquins
    Croyant pouvoir éteindre
    Les tonitruantes flammes
    D’un peuple qui parvint à étreindre,
    Sans peur ni larmes, son destin !
    Mais toi, Abou El Kacem,
    Fils d’indomptables aigles Chebbi,
    Ami des fières palmes,
    Compagnon de rêves
    Des merveilleuses gazelles ailées,
    Tu sus,
    En sublime auguste séraphin,
    Dire le soleil des aigles qui luit,
    Au creux ensanglantés des cris
    Qui voulaient, à tout prix,
    Abolir, pour toujours,
    Tout joug, toute nuit !
    Tu pus gravir, épris,
    Les cimes lumineuses
    Enceintes de merveilleux
    Nouveaux matins
    Explosant en majestueuses
    Douces et furieuses
    Mélodies, tes indomptables chants de vie
    A jamais acclamés,
    A jamais déclamés,
    Par le destin !
    © Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

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