vendredi 22 avril 2016

LES CRIS DE LA TERRE



Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Emprisonnée, calcinée, meurtrie,
Tu implores, Terre, en criant
De toutes tes racines- veines,
De tous tes fleuves et rivières,
L’Homme-l’ingrat,
D’arrêter tous ses crimes,
De te laisser continuer
Les chants de tes épopées
Portés par tes échos,
Entre monts et vallées,
Entre labours et cimes,
Entre grottes et forêts !

Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Pourtant, tu lui offres encore
Ton eau qu’il assassine,
Tes arbres qu’il élimine !
Pourtant, tu coules encore
Roucoules, ton corps asphyxié,
En tes chemins de fleurs,
En tes rires de mer, en tes aires,
En tes champs, en tes déserts, rêveuses dunes !
Pourtant, ses impitoyables gaz brûlent encore tes pleurs !
L’ingrat rend de ses dards d’acier et de haine
Ton voyage d’amour impossible !
Terre ravagée, tu es son lâche trophée, sa cible !
Il ne sait que te violer, t’estropier, te polluer,
Bourreau aux bras pestilentiels,
Aux flammes de fiel !
Pourtant, tu lui offres encore
Ton sang, tes fruits, ton miel,
Tout l’argent, tout l’or de ton généreux ciel !


© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"
Le 22/4/ 2016

lundi 4 avril 2016

Berceuse pour ma bien-aimée

Hessam Abrishami

Viens dormir, ma douce colombe,
Ma bien-aimée!
Viens voyager,
Toi, mon amour si éreinté !


Je caresserai tes rêves de paix,
Tes cheveux qui racontent
Tant d’années de luttes, tant de veillées !

Laisse ton souffle, qui se libère, me réchauffer
De toutes ses lunes, de tous ses soleils !
Il couvrait tous leurs réveils, tous leurs sommeils,
De baisers, quand ils étaient,
Au milieu de la nuit, si effrayés,
Quand ils se réfugiaient, petits anges,
Dans le nid de tes insomnies, mon ange!

Ta radieuse patience, qui toujours rit,
Leur cachait tes peines et tes soucis.

Viens donc dormir, ma douce colombe,
Ma bien-aimée!

Je bercerai, toutes les nuits,
Ton corps qui a toujours bercé
Tant de vagues d’espoirs portés
Par les ailes de nouveaux fruits,
Ton corps qui cherche, aujourd'hui,
Un doux rivage où se reposer,
Pour se recomposer,
Après les fatigues de tant d'années!

Viens donc dormir, ma douce colombe,
Mon adorée!
Je te bercerai, jusqu’au sourire serein de ton arrivée
Au plus profond de mon cœur qui, jamais, n’a cessé de t’aimer !

© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"