dimanche 29 janvier 2017

Parfums de nouvelles sèves




Armés de violons et de guitares,
Vibrant de tonitruant espoir,
Vieilles, vieux, jeunes et enfants,
Ils laissent fuser en radieux chants,
En superbes mélodies,
Leur amour de la vie!
Brillent dans leurs yeux
Les rythmes d'un bel horizon
Aux dansantes percussions
Promettant, dans les clameurs de leurs rêves,
Les parfums de nouvelles sèves
D'amour et de vie,
Contre les crimes, contre les barbaries,
Pour que fleurisse,en toute harmonie,
Le choeur de millions de nids
Enterrant de leurs multicolores gazouillis
Les maudites armes,
Les maudites larmes
De la haine honnie!

© Mokhtar El Amraoui
Le 28/01/2017


Photos prises, le samedi 28 janvier 2017, dans le jardin public "Bent Erray" ("Fille du roi"), à l'occasion de la manifestation culturelle " Bizerte, cité des Arts".






Avec mes deux chers amis Habib Meddah (au centre) et Habib Gharrèch

mercredi 25 janvier 2017

LES CRIS DE LA TERRE

Illustration tirée du Net


Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Emprisonnée, calcinée, meurtrie,
Tu implores, Terre, en criant
De toutes tes racines- veines,
De tous tes fleuves et rivières,
L’Homme-l’ingrat,
D’arrêter tous ses crimes,
De te laisser continuer
Les chants de tes épopées
Portés par tes échos,
Entre monts et vallées,
Entre labours et cimes,
Entre grottes et forêts !
Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Pourtant, tu lui offres encore
Ton eau qu’il assassine,
Tes arbres qu’il élimine !
Pourtant, tu coules encore
Roucoules, ton corps asphyxié,
En tes chemins de fleurs,
En tes rires de mer, en tes aires,
En tes champs, en tes déserts, rêveuses dunes !
Pourtant, ses impitoyables gaz brûlent encore tes pleurs !
L’ingrat rend de ses dards d’acier et de haine
Ton voyage d’amour impossible !
Terre ravagée, tu es son lâche trophée, sa cible !
Il ne sait que te violer, t’estropier, te polluer,
Bourreau aux bras pestilentiels,
Aux flammes de fiel !
Pourtant, tu lui offres encore
Ton sang, tes fruits, ton miel,
Tout l’argent, tout l’or de ton généreux ciel !



© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

mercredi 18 janvier 2017

Il y a là-bas

Tableau de Carl White

Il y a, là-bas, une place
Où le mot vrai pousse,
Comme un oiseau fruit,
Depuis des siècles dans ton regard.
Il y a, là-bas, l’ange de ton sein,
La rivière de ta hanche
Qui coule de tant de souvenirs
Et une fleur
Brûlant à l’aube d’une question nue.
Il y a, là-bas, un chemin de pluie
Et une déroute
Qui pleure l’enfant d’amour
Broyé
Sous les ailes
D’une lune assoiffée !



© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"