vendredi 17 mars 2017

Mon coeur-fanal

Tableau de Waddah Al Sayed

Si tu tiens une luciole
Dans le creux de la paume,
Ne te moque pas des yeux éteints
Qui se lovent dans le souffle de la nuit.

La rose que je devine
Dans les pétales de tes ongles
A encore son essence
Apogée parfumé d’un pleur à deux.
Les ruelles rusent
Et étourdissent l’oeil du rêveur aux aguets.
Tout se tait, à l’arrivée de la première étoile
Sur les rides de l’eau.
Les barques, à leurs vertèbres,
Suspendent, bien haut,
Des bouquets de frêle lumière
Qui encensent la léthargie des voiles.
Mon coeur-fanal rame,
Vers des isthmes inconnus
Que des pêcheurs édentés,
La mort dans l’âme, à peine revenus,
Encore tout remués, ne cessent de raconter.


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

2 commentaires:

  1. Aucune réalité n'est à la hauteur des récit,s enflammés au rhum, des vieux marins....

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  2. Tout à fait, chère Manouche.

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