mercredi 18 juillet 2018

NELSON MANDELA

NELSON MANDELA
toujours vivant, joyeux anniversaire
Quand le chant retrouva son oiseau,
L’espoir, récitant ses couleurs,
S’éleva, juste,
Sur son sommet de lumière !
Nelson Madiba Mandela,
Tu offris les bras de tes nuits,
Tes longs jours de silence
Criant de vie
Contre les murs de la haine,
Contre l’enfer du mensonge et de l’oubli !
Tes mots reprirent le cours de leurs cieux
Pour s’envoler en pas sûrs,
En chemins pour tous les yeux
Assoiffés de bonheur possible.
Tu vainquis l’arme des séparations.
Elle fondit, au feu de l’amour,
Sous les chaudes larmes
Des retrouvailles, en mains éclairées
Des rires multicolores de chansons
Pour tous les enfants,
Dans les jardins fleuris de nouveaux horizons !
© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"
Percussions "Voix d'Afrique" de Guem et Zaka
Photographie du Net

dimanche 15 juillet 2018

MON AMOUR

La vérité, pour se dire, 
Embrasse tes lèvres.
Le soleil, pour briller,
Doit, chaque jour, se lever,
Des rayons de ton ombre.
Les étoiles, en colliers, se bousculent sans nombre,
Pour venir, assoiffées, boire, à ton cou, les coupes de lumière
Sans lesquelles elles ne seraient que constellations sombres.
Quand leurs ailes se déploient,
Les oiseaux imitent ta voix,
Pour chanter mon amour pour toi,
Ses peines et ses joies.
Les dunes, en courbes, s’échinent dans tous les sens,
Pour imiter tes hanches qui, à chaque pas, dansent.
Jalouses de toi, toutes les mers, en colère, divaguent
Et des fléaux de leurs vagues,
Fouettent rageusement les cieux
Qui ont caché, dans l’écrin de tes yeux,
Les diamants les plus précieux.
Et moi, mon amour,
Depuis toujours,
De tous les joyaux de la terre,
C’est ton cœur que je préfère ! 


© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

Musique de Peder Bjaerum Helland






dimanche 1 juillet 2018

RECONNAISSANCE

C’est dans tes bras
Que j’ai pu triompher de mes peines.
C’est par ton souffle que j’éteignais l’enfer des semaines.
C’est par la lyre de tes mains dans les miennes
Que j’ai appris à écouter le monde sans haine.
C’est en toi que j’ai su briser toutes mes chaînes.
Aujourd’hui, sans toi,
Le bateau pris dans la tourmente se démène,
Sans phares ni clins d’espoir,
Rien que les fouets des vagues et les hurlements des sirènes !
Je t’invoquerai, comme le fou la reine.
Je t’offrirai, chaque jour et chaque nuit,
Le plus beau bouquet de mes veines !

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"


Tableau de Klimt
Musique "Gnosienne n°1" d'Eric Satie



mercredi 27 juin 2018

EVANESCENCES TROUBLES


Astres de nos rêves,
Témoins de nos souvenirs
Et vacillantes présences !
A l’orée des chemins de nos hésitations,
Nous reniez-vous,
Dans nos ultimes rencontres ?
Nous les croyions larges,
Ces étroits passages
Aux grilles à crocs !
Ils nous ont toujours enserrés,
Comme cette fange des rigoles
Laissant crouler
Nos heures de visages,
Lentes processions
De morts effluves
Et mornes regrets,
Vers nos frétillantes nuits de doutes
Assoiffées de clameurs célestes
Et d’arbres berceurs,
Aujourd’hui décapités !
Astres de nos rêves,
Où nous emportez-vous ?

© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"
Photographie du Net
                                                                  Vidéo où je lis mon poème



dimanche 17 juin 2018

Mer-Mère

Ecumes, lait de mer! 
Mer-Mère!
Qu'elle allaite nos rêves et nos voyages! 
Qu'elle nous prenne,
Poissons ailés de nos souvenirs,
De nos belles errances,
De nos transes confondues,
Dans les tourbillons de nos danses,
Sur la fièvre des vagues qui nous enfantent,
Dans nos migrations.
Qu'elle nous apprenne à nous raconter,
A nous rencontrer,
A nous prendre,
A nous surprendre,
A nous suspendre
Dans les profondeurs de nos rêves
Qui nous disent toutes ces houles
Qui nous bercent
Et toutes ces îles qui nous dansent
Jusqu'aux rivages des étoiles lactées
Qui s'allument d'un feu premier nourricier.
Qu'il enflamme nos âmes
En lames d'espérances!
© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"
Photographie du Net
Vidéo où je lis mon poème "Mer-Mère"

jeudi 7 juin 2018

Rayons de feu

Tableau de Jean Cuillerat


Soleil,
Toi qui te noies chaque jour
Et réveilles inlassablement mon ombre,
Sur les marches des heures,
Ton silence de feu
M’habille d’une chaude nudité
Assoiffée d’écumes et d’algues abyssales.
Tu couronnes la colombe bleue,
Ma muse, qui a détrôné l’oubli !
Mes mains tournesols
Lui tressent une mémoire inca
Où baigne, pour elle, le vent des flûtes
Qu’appelle le roucoulement des fleuves
Chantant leurs chaudes mélodies.

©Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

samedi 2 juin 2018

Paysage

Gravure de Hans Hartung


Putride fiente de pigeons-corbeaux
Comme des mots de radio
Comme des chansons matinales soporifiques
Glaire d’espoir au temps des glaives atomiques
Lymphe carbonique d’appels phtisiques
Partouzes de nymphes et de restes d’éphèbes assassins
Flétris  bourrés de protéines vaches !

Les os calcinés des nuages vomissent les rayons carnivores
Des rendez-vous rapiécés dans les labos de survie
De systoles diastoles plates des poubelles saturées
D’azurs glacés dans les barbelés des mensonges planifiés !

©Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

dimanche 27 mai 2018

MÈRE ! MÈRE ! MÈRE !

Bonne fête, admirables inoubliables Mères!

Tableau de Stephen Cefalo
A chaque berceuse de la mère,
Renaissent toutes les étoiles.
A chacun de ses baisers,
Rient les lèvres parfumées
De toutes les splendides nouvelles fleurs.
A chacun de ses soucis,
De ses soupirs de peur,
Face à la fièvre de son enfant
Inquiet en pleurs,
S’ouvrent tous les murs,
Tremblent les cierges fleurissant
D’un retour de lueurs sûres !
Elles accourent, radieuses lumières,
Répondant, heureuses et belles,
A leur source qui les appelle :
Mère ! Mère! Mère !
Elles lui promettent
De ne plus jamais la quitter
Et, loin du noir froid défait,
Se relève, flamboyant, l’enfant,
Dans les bras en fête de sa chère maman !
Bat le cœur d’un nouveau printemps,
Dans le ciel d’un sein infini de joie,
La chance est là, grâce à elle, encore une fois!
Elle se déploie, couronne fleurie de ses caresses !
Le malheur, de ses détresses,
Ne peut vaincre sa douce cuirasse d’amour.
Chaque nuit, chaque jour,
De toute sa vigilante tendresse,
Elle protège, inlassable lionne,
Son précieux fruit adoré
Qui, sans cesse, rayonne
En ses profondeurs dorées,
Depuis le berceau,
Jusqu’aux lourds soirs
Des trébuchants vieux rameaux !
Elle lui interdit de perdre espoir,
Refusant d’écouter l’horrible heure
Qui, implacable, hélas,
Sonnera, un jour, son départ
Laissant -quel malheur!-
Un horrible gouffre à sa place !
L’inconsolable enfant, à tout âge, toujours
Versera ses larmes amères,
Criera : Mère ! Mère ! Mère !
Rêvant à chaque instant de son retour !
© Mokhtar El Amraoui, le 27 mai 2018, in « Nouveaux poèmes »

vendredi 25 mai 2018

Ballet épistolaire

Photographie de Laura Makabresku


Le papillon, là-bas, au loin,
brille d’un dernier rire parfumé.

Ruissellement diamantin de souffles multicolores.
Bal et épi solaire.
L’or à grains se lève,
Dans les aguets d’airain du semeur.
Et le champ meuglant
Ponctue, de son parfum,
Le crépuscule poussant le soleil
Vers l’étable des cieux
Qui moulent le grain des mers .
Ah ! cette farine moussant l’escalator des vagues,
Quand les poissons,
Tels des coquelicots,
Aux vents de mai, offrent leurs tiges d’écailles
Aux caprices d’une sirène ennuyée !

©Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

mardi 22 mai 2018

Albatrocités

Tableau de Mia Pearlman

Les pages des vagues
Se refermeront sur le ciel de nos attentes.
La mouette, dans son désarroi,
Guette la naissance des seins
Qui brillent au vent.
Un jardin, de ses chants, promet tant de vertes lunes.
Comme ces marches luisantes
Ressemblent aux crocs du temps !

©Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

mardi 8 mai 2018

Suc sorcier

Tableau de Matteo Arfanotti
Si tu étais un arbre, ma bien-aimée, 
Tes hautes branches couvriraient le monde entier ! 
Tu aurais, en couronne, des myriades d’oiseaux égayés,
La rougeur timide qui enflamme le pommier,
Le velours printanier du jeune prunier,
Les yeux rêveurs du farouche amandier,
Les siècles de lutte du vaillant olivier,
Les palmes dansantes du généreux palmier
Qui montrerait à ses dattes comment voler
Vers ta bouche et la désaltérer de leur suc sorcier !
Tous les vergers s’égosilleraient, de toutes leurs allées !
Tous en choeur, ils crieraient, pour t’appeler :
« Viens donc nous éclairer ! »
Si tu étais un arbre, ma bien-aimée,
Tu offrirais tes doux rameaux altiers,
Aux étoiles, aux marcheurs fatigués
Et aux amoureux intrépides enlacés,
Pour, enfin, quiets, s’y reposer !
Si tu étais un arbre, tu serais le premier et le dernier!
Au plus profond de mon coeur, je te planterais
Pour t’avoir à jamais, pour ne plus nous quitter !

© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"













mardi 1 mai 2018

Renaître

Que chantent tous les cieux 
Leurs feux de danses,
Transes de nos renaîtres 
Aux bains de voluptueuses fragrances !
Laissons germer,
En douces lèvres,
Nouvelles mélodies,
Nos mots assoiffés de vie,
Nos ascensions en caresses
Vêtues d’étoiles,
Pour chasser, de leur rire floral,
L’obscure détresse,
Pour ouvrir les nouvelles pages
De nos jardins criant,
Au creux de nos cœurs,
Les grains rêvant
De sillons d’amour
Invitant, dans leurs profondeurs,
L’éclosion des lumières
D’un possible bonheur !

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

samedi 28 avril 2018

ENCORE ET TOUJOURS L'AMOUR!

Contre vos cyniques armes
De barbares sourds à la vie
Sourds à l’amour,
Encore et toujours
Notre seule arme, l’amour !
Pour épique réponse
Contre vous,
Semeurs de mort,
Nos mains s’aimeront encore !
Et demain,
En un sublime élan,
De nouveaux semeurs
Offriront, à leur tour,
Aux infinis champs
Riant de chauds labours,
Les graines des plus belles amours !
Nos larmes ne seront plus jamais pleurs
Mais scintillantes fleurs
Embellissant nos demeures,
Parfumant nos deuils
Qui se feront seuils
De rencontres et nids promis
Pour les promeneurs endormis
Réveillés en chœurs
Par nos terres
Et douces mers de caresses,
Loin de toute amère détresse !
Contre vous,
Barbares sans cœurs,
Se dresseront sans peur
Nos coeurs explosant
De liberté, de fraternité,
Pour oublier, à jamais,
Tous nos malheurs,
Toutes nos douleurs,
Dans un éternel chant
D’amour et de paix!
© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

jeudi 19 avril 2018

CIEL EN LAMBEAUX

Tableau de John Constable
Le clapotis des vagues bat les cartes effritées.
Les rames nerveuses découvrent
Le rire désargenté des écailles explosées
Et le jasmin rouillé d’une dernière soirée
Sans parfums ni lendemains.
Le chat édenté ne peut plus miauler.
Il pose ses pattes sur chaque rive du canal,
Pour avoir, des pêcheurs,
Quelques têtes de sardines éméchées.
Une ombre chancelante jette toute grondante
Comme une lune fracassée contre le phare vert
La bouteille d’alcool à brûler en plastique,
A flamber les veines pisseuses
D’un vieux soleil fou fatigué
Qui s’étrangle
Dans les tourbillons nerveux
Des cordes d’un oud fané
Qu’on asphyxie
Comme une grenade pourrie,
Tête ensanglantée
Qui vomit toutes ces promesses non tenues !
Les griffes noires du ciel en lambeaux
Ecrivent sur les remparts
Les cris bouffés par le sel de la morte lune !
© Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs »

dimanche 8 avril 2018

LE LIVRE

Illustration du net
Qu'il soit celui des morts
Ou celui des vivants,
Le livre t'ouvre ses immenses ailes au firmament!
Il t'invite au voyage,
De port en port,
De page en plage,
De plage en page,
De ville en village,
De visages en paysages
Et ne te laisse jamais livré à ton triste sort!
Il a tellement de secrets à te confier, avant ta mort,
Qu'il te rendra, pour l'accepter, bien plus fort!
C'est dans l'océan de ses mots
Qu'il te convie à renouveler ta peau,
A surmonter tes peines et tes maux,
A alléger tous tes fardeaux!
Dense, le livre te fait frémir,
Danser, pleurer et rire.
De l'Homme, il te révèle le meilleur, tout comme le pire,
Ce qui l'égaie et ce qui le fait souffrir!
Si tu veux, tout cela, découvrir,
Je te conseille, ami(e), de lire!

© Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs »

vendredi 30 mars 2018

VIVE LA PALESTINE LIBRE! Complicité

Palestine oubliée !
Palestine meurtrie !
Palestine trahie !
Les balourds sourds à tes cris
T’ont, vils, volé tes rêves,
Les veines des sillons
De tes jours et tes nuits !
Ils t’ont vendue
Aux chaînes de Sion,
Au plus bas prix !
Ils prétendent te protéger,
Morte, figée,
Dans les linceuls de leurs paradis mensongers
D’affreux bègues bigots meurtriers !
Ils disent qu’ils n’ont pas le temps
De venir à ton secours,
Et prétendent transmettre,
En chiens qui s’excusent, en traîtres,
A tes assassins, leurs maîtres, tes recours !
Ils écrivent que pour toi ils prient !
Alors ils crient « Plie, tais-toi et survis,
Dans ton exil, cela te suffit ! »
De ton nom sacré, Palestine,
Ils font fonds de commerce !
Dans les nuits de leurs bals cannibales,
C’est tes Bouraqs étoilés d’amour, de paix
Et leurs élans affamés,
Assoiffés, désarmés
Qu’ils transpercent de balles
Et dards complices des sionistes surarmés !
Ils leur montrent, la nuit, en prostitués,
La chair nue de tes oliviers
Qu’ils leur recommandent de tuer !
Ils leur indiquent les cartes des étincelles
Du retour de tes orangers incendiés sans ailes !
Ils leur vendent tes enfants bannis,
Tes rêves et épopées traqués parqués,
Dans les nuits ensanglantées des taudis
Emprisonnés sous les murs qu'ils ont bénis!
Qu’ils soient à jamais maudits !
Palestine oubliée !
Palestine meurtrie !
Palestine trahie !
© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

jeudi 8 mars 2018

FEMMES !

Bonne fête à toutes les femmes
Tableau de Robert Krogle

L'impossible ne peut être femmes!
Nous aurons toujours la taille de nos rêves !
Nous rejoindrons, de notre florale impatience,
Dans la lumière de nos espérances,
Le suc flamboyant des étoiles
Et le rire assourdissant des dansantes comètes !
Nos fièvres habillées des houles des naissances
Nous offriront, comme toujours, tout ce temps
Pour tisser, dans nos profondeurs ailées,
Tous ces fruits volants de l’amour
Qui naissent et s’abritent au creux de nos reins,
En amples saisons tracées au miel des matins,
S’élevant des caresses de nos mains !
Femmes !
Flammes d’amour et de paix!
Ecrites par tous les éléments,
Nous réchauffons, de nos racines,
Toutes ces tiges d'or qui poussent
Couronnées, dans la mousse de nos rêves,
Par les ascendantes douces gerbes ailées de notre sève!
Femmes!
Le possible est aussi femmes!

© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

dimanche 25 février 2018

EXPLOSION POETIQUE!



Me voici, le 23 février 2018, au Club Culturel Tahar Hadded lisant mes poèmes "Feu de vie" et "L'hymne au poème", dans le cadre d'une belle rencontre poétique dédiée au poème organisée par le Club Poésie francophone-Poésie du monde de l'Espace Carmen et le susmentionné club culturel. Me voici explosant dans ma lecture viscérale, tripale! Merci, mon cher ami Naceur Mallekh, de m'avoir filmé.
FEU DE VIE
Poème bleu fenêtre,
Poème rouge fruit
Qui s'envole du rire argenté de la lune
Vers nos lèvres assoiffées d'étoiles
Et de glissantes caresses infinies,
Comme d'un bateau d'amour
Et de rêves d'où on ne cesse de s'appeler.
Poème attentes de jours et de nuits
Qui ouvrent le miroir ailé d'un cri,
Qui renaît feu d'amour,
Feu de toujours,
Feu de vie !
©Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»
L’HYMNE AU POEME
Poème !
Soleil de mots et de voix
Constellation des rives
Vibrant du sang des mémoires offertes au silex
Aux pointes des marches des gestations cosmiques
Tu es l’insaisissable qui saisit les tourments
Tous les pas de la tourmente écrite
En questions en leur explosant silence
Poème boum !
Houle de stigmates et baume aussi
Qui sait panser les blessures des épines
Poème bohème de troubadours persécutés
Pourchassés de leurs nids célestes
De leurs arbres de rêves-trêve
Qui crèvent
Sous l’arbitraire verglas des tyrannies putrides
Poème !
Tu réinventes le chant du sang
Tu sais faire des larmes des étoiles
Et des étoiles des choeurs de coeurs
Aux champs ascendants
Où ne cesse de renaitre l'amour
En ses chaudes matrices semées
Des multicolores splendeurs
Des pages de l’azur et de ses mers
Aux vagues des bras
En leurs infinies pérégrinations
De pertes et retrouvailles
Tu es la vallée des grandes attentes
Source des cieux d'ombres calcinées
Nubiles rêves des délaissés
Contes aux chemins de brouillard
Avec tes cierges, poème,
Tu rallumes les essences des chairs mortes
De tant de chaînes
En leurs tracés de désirs rebelles d’oiseaux libres
Tu es l’ouragan quand on te fusille !
Oliviers de Palestine aux racines stellaires !
Chaudes grenades d’Andalousie
Aux incandescences volcaniques !
Aigles des cimes de Tunisie !
Indomptables rebelles d’Algérie !
Et tous ces fiers poings dressés
De lumière d’Irak et de Syrie
Psalmodiant les étreintes de feu
Abou El Kacem Chebbi
Mahmoud Derouiche
Federico Garcia Lorca
Poème !
Tu es leur rire éternel
Contre la gueule horrible du bourreau
Lumière chevauchant son pégase
Au souffle de danse
Tes pas dessinent la cartographie des retours
Vers les fusions tonitruantes
D'amour roulis roses n'ayant de point
Que ceux des mains pointées
Vers le magma des chants
Poings décrétant l'aube
S'ouvrant sur les graines
Aux ailes des nouveaux-nés
Arc- en -ciel des paumes
Où gît en alerte
La trame des chemins
D’où surgit le rêve en parchemins de vers
Haletant de vie
Comme cette inépuisable mer des voyages
Suspendue aux lèvres des mots
Contre les maux des livres tus
Qui s’entêtent à dire à parler à crier
A se lever se relever !
Face aux bâillons les maillons de vie et d’amour
Contre l’oubli là où l’espoir nécessaire luit !
Poème, je t’aime !
©Mokhtar El Amraoui in «Nouveaux poèmes»

mardi 13 février 2018

ROSES DES BIVOUACS

Omar Delawer
pour la paix, contre toutes les formes de haine
Sauras-tu être ce pont de lumière
Où étincellera l’étoile des amis,
Pour réveiller en chant
Ce feu d’amour qui, sans cesse, en toi, luit
Mais que, toujours, hélas, tu fuis ?
Jette donc cette horrible chaîne de haine
Qui te souille, à la rouille de l’oubli !
Tu ne t’envoleras jamais, ami,
Si tu ne sais qu’être ennemi !
Sauras-tu libérer les roses des bivouacs en rires
Pour laisser les anges de l’aube fertile frémir
Et planter les champs solaires
De milliers d’arbres frères ?
Leurs racines ont soif de danses.
Chante leurs fruits en transe,
Apprends, de leurs longues nuits,
Comment offrir, à la paix, les nids
D’où s’élèveront, radieuses à la vie,
Les sèves des plus belles symphonies.
Ecoute-les dans le vent te libérer, toutes ravies,
Des épines de la haine qui te crucifient !
©Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

mercredi 7 février 2018

PARFUM DE COULEURS

Merci,grande dame des couleurs!

Pourquoi, humain, ne voudrais-tu être
Que froide et laide nuit
Alors qu’au fond de toi
Le plus beau des printemps gît ?
Laisse-le te chanter tes plus belles couleurs
Et parfumer de tes mains
Le merveilleux cours de tes heures !
Offre-toi donc tes plus beaux jardins
Que tu étouffes de tes propres mains
Qui ne savent plus, assassin,
Que tuer tous les matins,
Tout arbre, toute fleur, sur ton chemin!
Serais-tu donc né, humain,
Pour vivre dans la laideur, dans la puanteur ?
Serait-ce là, inhumain, ton destin ?
© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

mercredi 24 janvier 2018

Ciel froissé

Tableau de Felix Valloton

Je ferai de toutes tes lettres, 
Un long chemin de rêves,
Pendant mes longues heures d’insomnie 
Où les nuages multicolores miaulent de morts
Et de pluies noires qui crachent leurs agonies
En ventres flottant de sachets noirs !
La lune en haillons et cicatrices fouille les poubelles
Et croque à dents perdues,
Comme une vieille folle,
Les restes pourris d’un crâne de veau d’où s’enfuient
De timides asticots !
Le ciel froissé des fumées de la cimenterie
Vomit ses herbes de cimetière
Dans la musique d’interminables flaques d’urine
Et de longs boyaux de vaches et de moutons
Bourrés de crottes luisantes
Bouse aussi,
Paille ensanglantée,
Seules, bijoux de nuits !
Les étoiles brillent, sournoises, sonores
Comme des couteaux de braqueurs,
Sur la chair d’interminables verres chancelants
Et ta carte tirée sera, encore une fois, la dernière !
L’ex-diva de la ville se regarde
Dans le miroir de la grande surface
Auquel elle raconte son amour parti,
En dodelinant de la tête entre les rayons
Des sous-vêtements et des macaronis !
© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

dimanche 14 janvier 2018

L'emmurée


Derrière ce mur tout blanc,
Je devine la nuit de tes lèvres,
Le voyage de ton désir ligoté
Dans ta langue enflammée
Qui éclate dans le fracas
De ton appel que tu ravales,
Au creux des cris de tes supplices !
Murs ! Murs ! Murs ! Murs !
Naissance de soleils arrêtée !
Derrière ce mur tout blanc,
Dans ta nuit ambulante,
Tu deviens, impuissante,
Paquets de marbres,
Silences, peurs et soumissions !
Derrière ce mur, bien loin des arbres,
D’autres murs, sous terre,
T’enserrent, t’enterrent
Dans les spirales, tout en vaines prières,
De tes silences de momie !
Bouquets de braises endormies
Que seul le souffle de l’amour, ma belle,
Pourra rallumer en une infinité d’ailes !


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

dimanche 7 janvier 2018

ROSES NOIRES


Tu es là, 
Pourtant, tu ne l’es déjà plus !
L’as-tu jamais été ?
Les épines crient sous la lune.
Ma main épouse le bateau qui s’en va
Vers ses poignées de poussière
Enterrant les échos des promesses d’hier.
Les roses noires
S’essoufflent à gravir le sang du matin.
Seules nos ombres
Dessinent encore
Nos chants morts
Qui sombrent,
Dévêtus de tout leur or !
Tu es là,
Pourtant, tu ne l’es déjà plus !
L’as-tu jamais été ?
Sur mes lèvres, pour m’embrasser,
Sans lumière ni lendemain,
Vient se poser la feuille du vent
Qui arrache, en les embrasant,
Les roses noires sans parfum
De ce qui fut notre sublime jardin.

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»